Né à Marseille en 1955, Georges Tony Stoll commence sa carrière comme peintre, puis comme décorateur pour le cinéma. Ce n'est que dans les années 1990, lorsqu'il décide de photographier avec un simple appareil automatique depuis son appartement parisien, qu'il réussit à percer. Les oeuvres de Georges Tony Stoll s'inscrivent dans le « territoire de l'abstraction », un espace où de multiples possibilités et ambiguïtés communicationnelles peuvent, à tout moment, surgir. Tout (et rien) est donné ; les photographies restent délibérément énigmatiques, ne démontrent pas ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. Ex. lors d'une scène de repas, une main peinte en noir est placée à côté d'une autre ‘normale'. Qu'en penser ? Un autre cliché montre un homme se cachant derrière un fin tapis de sol en plastique bleu. Pourquoi ? Est-ce un jeu ? Une réaction à un danger ? Une chose est sûre : il y a certainement un enjeu mystérieux. Même type de démarche, avec une photographie nous présentant deux personnages : l'un pose son pied contre le visage d'un autre (et, par conséquent, le cache). Est-on ici dans le registre de l'amour ou dans celui de la violence ? Dans Les Trois frères, on est confronté à trois hommes assis dans un canapé blanc, quasi-nus (ils ne gardent que leurs slips et chaussettes) et aux têtes recouvertes. Deux portent un sac, tandis que l'autre s'est affublé d'un bonnet. Ils ne voient rien, et attendent. Peut-être jouent-ils ?Dans Faîtes-le, un jeune homme se tient en équilibre sur une table. Un premier doute nous assaille : son corps est-il vrai, ou, est-il en cire ? L'interrogation reste de mise du fait que l'artiste a ici recherché la « perfection corporelle ». Un second détail nous perturbe également : des bouts de scotch rouges sont collés devant les yeux. Face à ses deux constats, il est loisible d'émettre de sérieuses réserves sur la réalité des objets usuels, présents dans la scène. Et, fort logiquement, on procède à une réévaluation du milieu. Que fait-il seul dans son pantalon Adidas ? Telle est la question que nous nous posons face à cette photo présentant un homme vu de profil, torse nu. Peut-être nous donne-il une image grotesque ? Peut-être participe-t-il à une pièce ? Une chose reste sûre : nous sommes gênés par propre notre regard qui se concentre sur les trois bandes du pantalon rouge, un logo universellement reconnaissable. Filmée avec une caméra Hi8 dotée d'un programme imitant l'esthétique du super8, la vidéo Freddy (2003) reprend, avec des allures de vidéo d'archives, l'ambiance d'une série de six photographies montrant un homme avec un ovale cyan sur le visage. Le personnage se trouve projeté dans différentes saynètes performatives en lien avec la folie, la marginalité (...). Son attribut coloré est perçu comme une contrainte, et non comme un élément ludique. Georges Tony Stoll aime également photographier des scènes inhabitées : des paysages (des lacs), des vues de ciel avec des nuages « phénoménaux, de beaux gros nuages joufflus et inquiétants », des vues énigmatiques comme Sans Titre (ou Mon corps, 1997) où une croix de Saint André en scotch est accrochée contre le mur d'une pièce, au sol étrangement surélevé et recouvert d'un moquette rouge. Trois lunes noires est une photo emblématique de la démarche de Georges Tony Stoll. Trois disques noirs excédent le réel et nous poussent à rechercher activement ce qui nous entoure. D'une manière générale, l'artiste souhaiterait que son public communique sur les photos, crée du sens et parvienne à percevoir autrement le monde. Quelques oeuvres majeures : Sans titre (Froid et Froid), 1994. Photographie Corps et langue, 1995. Photographie Voler, 1995. Photographie Corps bleu, 1995. Photographie Poing en verre, 1996. Photographie. 55 x 37.5 cm Deux balles bleues, 1997. Photographie Chaise et sculpture, 1997. Photographie Sans Titre (mon corps), 1997. Photographie. 55 x 37.5 cm Action respiration, 1999. Photographie Terrific Man, 2002. Photographie[Illustration : Poing en verre, 1996. Photographie. 55 x 37.5 cm © Georges Tony Stoll]
| Genre | Homme |
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