Nom de naissance Doblin
Genre Homme
Avis

Biographie

Alfred Döblin était un véritable intellectuel du XXème siècle et un évolutionniste amoureux du savoir et de la technologie. Il a su marier les acquis de la science au lyrisme des mots dans la littérature. Médecin et écrivain franco-allemand, Alfred Döblin possédait un sens de l’observation, de l’analyse et de la répartie, qui ont fait de lui une figure des années 1900.Alfred Döblin est né le 10 août 1878 à Stettin en Allemagne. Il était issu d’une famille bourgeoise d’origine juive. C’est en 1888 que les siens se sont installés dans le grand Berlin, suite au départ de son père pour l’Amérique. Ce dernier abandonna le foyer familial. Très tôt mature, mais encore tout jeune, Alfred Döblin se plaisait à Berlin. Cette époque de révolution industrielle fit naître en lui une véritable passion pour la science. Au terme de longues études il devint neurologue et commença à exercer dans cette profession en 1905 à Regensburg, à Freiburg ainsi qu’à Berlin.Son potentiel communicationnel le pousse à collaborer avec Herwarth Walden qui le fait entrer dans l’aventure du journal expressionniste appelé "Der Sturm" (« la tempête »). Là, il se nourrit davantage de littérature et s’intéresse particulièrement à des écrivains et philosophes tels qu’Heinrich Von Kleist, Friedrich Hölderlin et Friedrich Nietzsche. A cette époque, une querelle couvait entre les partisans de la diffusion culturelle de masse et ceux qui n’y croyaient pas. Nullement conservateur, Alfred Döblin fut un écrivain qui ne vit aucun inconvénient à utiliser la radio comme média de diffusion culturel.Alfred Döblin épouse une allemande, Erna Reiss en 1912. Elle lui donnera quatre enfants, Pierre, Vincent, Claude et Stéphane. En 1913, il sort un premier ouvrage intitulé L'Assassinat d'une renoncule. Puis il publie Un Roman chinois en 1915. Néanmoins, ancré dans la première guerre mondiale, Alfred Döblin est appelé par son devoir à être transféré en Alsace en tant que médecin militaire. Il y passe presque toute la durée de la guerre. C’est là qu’il écrivit son roman intitulé Wallenstein. Ce dernier sera publié plus tard en 1920.En 1924, Alfred Döblin publie L’empoisonnement et un an plus tard, sort Reise in Polen. Mais c’est de 1929 qu’est datée son œuvre la plus connue, Berlin Alexanderplatz, dans laquelle il décrit les bas-fonds de Berlin des années 1925-1930.Le régime et les réalités d’une Allemagne dure, ont réveillé son engagement en littérature. Durant cette sombre période, Alfred Döblin rédige des textes politiques dans lesquels il dénonce le parti socialiste allemand qu’il accuse de collaborer à cette époque avec le président Hindenburg. Mais rien ne s’améliore. Juste après l’avènement d’Adolf Hitler au pouvoir, en 1933 Alfred Döblin, accompagné de sa famille, est contraint de quitter l’Allemagne pour la Suisse, puis la France. En 1935, il publie près de sept œuvres différentes, dont Pas de pardon et Novembre 1918. Puis, en octobre 1936 il obtient la nationalité française. C’est alors que commence la seconde guerre mondiale.Alfred Döblin lutta de toutes ses forces en écrivant et distribuant des tracts avec sa communauté exilée en France, mais c’est une fuite perpétuelle qui rythme sa vie, de Paris à Marseille, de Marseille en Espagne, de l’Espagne au Portugal, du Portugal en Amérique, pour échapper au spectre du nazisme.Le 21 Juin 1940, son fils, Vincent Wolfgang Döblin, engagé dans l’armée française, se donne la mort afin de ne pas tomber dans les mains des SS. Alfred Döblin est à bout de force et l’année suivante, la communauté juive en exil le considère comme un traître, quand il choisit de se convertir au catholicisme.A la fin de la guerre, il revient aussitôt en Europe, il devient inspecteur littéraire dans l’administration militaire française en Allemagne. Il intègre ensuite le Neue Zeitung (le Nouveau journal) et la radio Südwestfunk. Dans les années 1949, il publie Ætheria, une œuvre qui détermine définitivement l’intensité spirituelle qui l’anime à la fin de la guerre.Atteint de la maladie de Parkinson en 1953, Alfred Döblin fut hospitalisé dans diverses cliniques en Allemagne. En 1956, il publie trois derniers ouvrages, dont Hamlet ou La longue nuit prend fin. Döblin meurt à Emmendingen, le 26 juin 1957. Trois mois plus tard, sa femme se suicide à Paris le 15 septembre 1957. L’œuvre d’Alfred Döblin s’inscrit dans le patrimoine culturel mondial comme une page riche d’émotion, de savoir et d’humanisme.