L'Amie Prodigieuse
HBO

Le  roman à succès d'Elena Ferrante débarque en clair, ce soir sur France 2. D'entrée, l'adaptation de la saga transalpine marche dans les pas de son modèle, quitte à trop en faire.

Son succès prédestinait la tétralogie littéraire d'Elena Ferrante à être transposée à l'écran. A l'origine, un premier roman qui raconte l'éveil et l'émancipation, dès les années 50, d'une jeune Napolitaine, Elena Greco, au contact de Lila, camarade de classe à son opposé. Entre elles se noue une relation tumultueuse, mais fondatrice, qui va traverser les âges. Produite pour HBO et la Rai, l'adaptation a été confiée à Saverio Costanzo (Hungry Hearts), épaulé par un duo de scénaristes et l'auteure elle-même, en véritable gardienne du  temple. Après avoir été diffusée sur Canal +, elle arrive sur France 2 ce soir : les deux premiers épisodes seront proposés à partir de 21h05. Que les fervents lecteurs de L'amie Prodigieuse se rassurent : cette version série démarre bien.

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Au cours des deux premiers épisodes de la première saison (qui en compte huit), Costanzo (qui réalise l'ensemble) se penche naturellement sur la prime jeunesse de son duo de personnages. Racontés à hauteur d'enfant, ces débuts entraînent dans l'effervescence d'une société en ébullition, où tout le monde se connaît, se jalouse, s'invective ; et résument parfaitement l'essence des premiers chapitres de l’œuvre. Là, le patriarcat pèse comme une chape de plomb sur ses héroïnes, la perspective d'avenir se limite au quartier, ligne de front et théâtre d'une violence brute... Même l'imaginaire qui hante ses héroïnes se manifeste par petites touches discrètes. C'est à peine si le script remodèle légèrement la structure du roman pour qu'il paraisse plus fluide à l'écran. Un air de ne pas y toucher qui bute pourtant sur une narration en voix off, héritée du livre, mais sursignifiante à l'écran. Régulièrement, l'artifice appuie inutilement le propos, au risque de ruiner l'expression de sa mise en scène. Surtout quand celle-ci parvient à saisir le regard et les sentiments de ses jeunes protagonistes, bien castés, et que Max Richter (artisan de la partition élégiaque de The Leftovers) contribue à l'émotion de l'instant. Et après ? La série a de quoi voir venir : trois nouvelles saisons devraient succéder à celle-ci. Exactement comme le nombre de romans dont elle s'inspire.

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