Lucky Luke Alban Lenoir
Disney / France televisions / Federation studios

Dans le costume de Lucky Luke, la star de Balle Perdue et AKA change de registre, ravi de participer enfin à un projet "que les enfants peuvent regarder". Alban Lenoir se confie à Première.

PREMIÈRE : C'est flippant de donner vie à un mythe comme Lucky Luke ?
ALBAN LENOIR :
On fait un Lucky Luke qu'on n'a pas l'habitude de voir. Il y a un vrai parti pris qui m'a donné très envie d'accepter le rôle... Sauf que le lendemain, j'ai été pris d'une frayeur terrible : 'Mec, dans quoi tu viens de te lancer ?' J'ai ressenti une énorme pression. Dès que vous touchez à un personnage iconique, quel qu'il soit, vous savez que vous allez vous faire déchirer ! Quoi qu'il arrive. Parce que vous n'aurez pas la bonne tête, la bonne dégaine, le gilet sera trop fermé, trop ouvert ou je ne sais quoi. Donc j'ai décidé de m'enlever toute pression avant le tournage et d’y aller sans me poser trop de questions…

Quel est votre rapport personnel à Lucky Luke ?
J'avais tout lu enfant. Et j'ai tout relu avant de tourner la série. Il y a un an, j'étais totalement incollable sur le sujet ! On adore tous Luke parce qu'il a une éthique. Il a une vision du monde qu'il ne lâche jamais. C'est un gars bien tout simplement. C'est presque un super-héros qui aurait ce super pouvoir de tirer plus vite que son ombre.

À qui s'adresse la nouvelle série : aux fans historiques de BD ou à la nouvelle génération ?
Ça parlera aux fans de Lucky Luke qui ont l'esprit ouvert. Certains pourraient s'arrêter sur des détails. Pourquoi c'est lui ? Pourquoi il n'a pas de mèche ? Etc. Et en même temps, on a assumé de faire autre chose. On avait envie que la BD soit tirée de la série et non l'inverse. On s'est permis des libertés, en gardant des personnages iconiques, mais on a vraiment fait notre tambouille.

Lucky Luke Alban Lenoir
Disney / France televisions / Federation studios

Quel effet ça vous a fait de vous voir en costume de Lucky Luke la première fois ?
Bizarre ! Ils ont fait un travail dément sur tout. En plus, on a tourné dans des décors réels, sans fonds verts, sans VFX à tout va. Et c'est vrai que la première fois qu'on endosse le costume, on se demande si on va coller au personnage. C'est grisant et terrifiant à la fois. Mais ce costume aide énormément pour se mettre dans la peau de Luke. Il y a 50% du boulot qui est fait avec toute la direction artistique qui a mis un point d'honneur à rendre crédible à l'image tout l'univers.

Comment est-ce qu'on s'entraîne à tirer plus vite que son ombre ?
J'ai fait que ça pendant trois mois ! Chez moi, avec un revolver, encore et encore... J'avais quelques compétences, après mes films d'action, sur le maniement des armes à feu modernes. Mais un revolver, c'est très différent. C'est beaucoup plus dangereux parce qu'il n'y a pas la même sécurité. Et donc plus compliqué. Du coup, je me suis mis devant un miroir. Je me suis filmé en train de dégainer pour voir mes lacunes, pour essayer d'aller plus vite. Et ça a été très payant durant le tournage. Et puis il a fallu que j'apprenne à galoper aussi. J'étais déjà monté sur un cheval en colonie de vacances, mais à part ça...

Lucky Luke Alban Lenoir
Disney

Est-ce que c'est un fantasme de jouer au cowboy quand on est acteur ?
Oui, j'aime bien les westerns, mais j'avais pas mal de lacunes sur les vieux films. Alors j'ai rattrapé mon retard avant le tournage. J'ai regardé beaucoup de westerns spaghetti pour me remplir de cet univers. Pour ne pas reproduire ce qui avait déjà été fait aussi.

Vous avez été surpris qu'on vous propose ce rôle ?
J'ai été très surpris.  J'avais tourné trois films avec Benjamin Rocher (Goal of the Dead, Antigang et Antigang, la relève) et il a eu le courage de me voir là-dedans, ce qui n'était pourtant pas évident au départ. Parce que dans le métier, on a vite fait d'oublier ce dont les acteurs et actrices sont capables. Moi, j'ai débuté en faisant de la comédie. En jouant dans Hero Corp, dans Kaamelott, dans Lazy Company. Mes débuts au cinéma, c'était dans Les Gamins. Il suffit de faire trois films d'action pour qu'on se dise que vous ne savez faire que ça et qu'on reste collé à un genre…

Vous avez effectivement cette étiquette du « action hero » français depuis quelques années. C'est une image que vous voulez changer ? Vous avez joué dans le prochain Jean-Pierre Jeunet (Changer l'eau des fleurs) par exemple…
Oui... mais dans le Jeunet, je n'ai qu'une scène. Tout le monde m'en parle, mais je n'ai fait qu'une journée de tournage... Maintenant, c'est vrai que j'ai eu un peu trop tendance à m'enfermer dans l'action ces derniers temps. Alors que j'aime bien être touche-à-tout. Donc je suis en train de tourner le nouveau film de Christophe Honoré (Mariage au goût d'orange). Et je viens de finir Il était une fois, un film d'aventures familial de Clovis Cornillac avec Artus (autour des contes de Perrault, NDLR). Je fais attention à prendre un peu de distance avec l'action. En attendant le bon scénario qui me donnera envie d'y revenir un jour... Finalement, Lucky Luke, c'est le bon moyen de mixer un peu les genres. Et aussi de faire quelque chose que les enfants peuvent regarder. Je ne sais pas si j'avais déjà eu ça dans ma filmographie...

Lucky Luke, à voir actuellement sur Disney+.