Retour à Silent Hill

Metropolitan Films

Mais où était passé le réalisateur du Pacte des Loups et de La Belle et la Bête ? Le cinéaste raconte dans le nouveau Première pourquoi il a mis autant de temps à reprendre le chemin des salles obscures.

Plus que son Retour à Silent Hill, le réalisateur français Christophe Gans fait aujourd’hui son retour au cinéma. Un comeback qui s'est fait attendre pour le cinéaste, douze ans après la sortie de La Belle et la Bête, son dernier long métrage, porté par Léa Seydoux et Vincent Cassel (en février 2014).

Aujourd'hui âgé de 65 ans et malgré son statut dans l'industrie mondiale, Christophe Gans n’a signé que cinq longs métrages - dont le mythique Pacte des loups (2001) et l’incontournable premier volet de Silent Hill (2006). Vingt ans plus tard, il rouvre les portes de la ville maudite avec une suite directement inspirée du jeu vidéo Silent Hill 2. En même temps flotte une question comme un brouillard tenace : comment rattraper le temps perdu ?

"Forcément, j’y pense", nous confie le réaliasteur dans les colonnes du nouveau Première (numéro 570, actuellement dans les kiosques et sur la boutique en ligne), évoquant ces 12 années écoulées depuis son précédent film à l'affiche. Il explique :

"J’ai toujours eu beaucoup de projets et je n’ai jamais cessé de travailler. J’ai écrit des scripts et préparé des films, mais le cinéma que je veux faire est très atypique, très compliqué. Et souvent, il faut attendre que les astres soient alignés. Ce que j’appelle les astres, ce sont par exemple le désir d’un producteur, la volonté de financiers et la disponibilité d’un casting..."

Surtout, après le succès de La Belle et la Bête - et ses presque 4 millions d’entrées dans le monde - Christophe Gans pensait pouvoir enchaîner. Mais rien ne s’est passé comme prévu.

"Il y a eu plein de moments dans ma carrière où j’étais absolument certain que tout le monde aurait très envie de voir le film que j’étais en train de préparer, et je me suis rendu compte que finalement… non. Les astres ne s’alignaient pas. J’ai essayé trois fois de faire 20 000 Lieues sous les mers ! Et Rahan ! Je croyais que tout le monde en voudrait, et j’ai dû me faire à l’idée que c’était beaucoup plus compliqué que ça."

Le cinéaste français le dit sans détour : "Les films dont je rêve ont du mal à trouver leur place à l’intérieur du cinéma français. Et moi, même si mes films sortent aux États-Unis, je suis un réalisateur français. Je suis toujours resté en France, d’ailleurs."

Christophe Gans sur le tournage de Silent Hill en 2006
metropolitan filmexport

Christophe Gans évoque, au fond, un blocage "culturel". Et insiste :

"Je sens que le temps passe. Effectivement… après La Belle et la Bête, j’avais plusieurs projets, et puis il y a eu la mort de Samuel Hadida (en 2018), mon producteur historique. Après ça, le Covid a été un truc dévastateur. Pendant cette période, j’ai écrit Retour à Silent Hill, et puis une autre adaptation, Fatal Frame, elle aussi tirée d’une très grosse franchise de jeux vidéo d’horreur (Project Zero en France). Elle est prête à être lancée… Tout ça pour dire que, vraiment, je n’ai jamais arrêté de travailler, pas une seconde."

Et si Christophe Gans était enfin relancé ?