Première couverture Niney
Première/StudioCanal

Le magazine Première fêtera ses 50 ans cette année. L'occasion de faire peau neuve sous le regard avisé de Pierre Niney, qui signe son grand retour cette semaine, deux ans après le carton de Monte-Cristo.

Le nouveau Première est en kiosques. et ce mois-ci nous inaugurons une nouvelle formule qui remet le cinéma au centre de tout : un cahier critique placé en ouverture, des entretiens plus longs et moins formatés, et l’arrivée de nouveaux rendez-vous, dont une rencontre avec Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard face aux étudiants de l’école EICAR. 

Une manière de redonner du souffle, du recul et de la conversation à un magazine qui entend repenser sa façon de parler des films.

Pour accompagner cette évolution, Pierre Niney a accepté d’endosser le rôle de rédacteur en chef invité. Nous lui avons demandé de réagir aux nouveaux choix éditoriaux et ses réactions en disent long.

Sur le nouveau positionnement de la critique, il confie : 

"Redonner un espace où l’on peut vraiment parler d’une œuvre, c’est essentiel. Dans l’immédiateté actuelle, tout devient lapidaire. La nuance, le contexte, la profondeur : on en a besoin."

Sur la volonté du magazine de sortir du carcan des press junkets, il parle en connaisseur : "Sur certains films, j’ai passé dix heures enfermé dans une chambre d’hôtel avec des journalistes qui m’ont tous posé les mêmes questions.

Et de fait, il se réjouit de l’arrivée de nouveaux formats comme notre “face au lecteur” : "Les questions des lecteurs rebattent les cartes. Ça casse la routine et ça amène des angles inattendus."

Face aux lecteurs
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Mais Pierre Niney est aussi au cœur du numéro, puisque Première lui consacre un long entretien. Au menu : Gourou, le thriller sociétal qu’il co-produit et dans lequel il incarne un coach charismatique happé par sa propre influence. Un rôle intense dans lequel il se livre sans filtre.

Il raconte d'abord comment l’idée a germé :

"Je voyais l’explosion des coachs auto-proclamés sur les réseaux, des gens prêts à payer 4 000 euros pour trois jours de séminaire… J’y ai vu un personnage de cinéma incroyable."

Dans Gourou, Niney explore ce moment où la parole devient pouvoir, où l’orateur tombe amoureux de son propre discours. Pas un cynique, mais quelqu’un qui commence par croire sincèrement aider les gens - avant que la mécanique ne se retourne.

Il détaille son travail avec Yann Gozlan, avec qui il forme l’un des duos les plus stimulants du cinéma français : "Rien n’est plus kiffant que de grandir avec un réalisateur. Avec Yann, on cherchait en permanence le sweet spot entre empathie et malaise. On voulait que le spectateur oscille : ‘Je comprends ce mec’… puis ‘Quel manipulateur’, puis de nouveau ‘Il me touche’."

Pierre Niney dossier
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Un personnage en déséquilibre permanent, nourri par des scènes de séminaire où l’acteur devait accepter de perdre le contrôle : "On a tourné des versions très différentes, du show total au minimalisme. Il fallait naviguer dans l’ambiguïté. Parfois je lâchais complètement la bride, parfois je restais extrêmement cadré. On aurait pu monter un autre film rien qu’avec les variations."

Gourou est aussi un film politique - sans être un manifeste : "Le film interroge notre envie de croire. On a tous besoin d’histoires. Ça peut être beau… ou dangereux."

L’entretien revient aussi sur son rapport au jeu (qui va du comique débridé au drame le plus sombre), à la technique, à la célébrité, à la responsabilité et à cette frontière floue entre vérité et narration - qui est le cœur de ce film si intrigant.

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