5 raisons d'aimer Judi Dench
Pathé

Le film porté par Judi Dench et Steve Coogan revient ce soir sur France 3.

En adaptant un livre sur le sujet délicat des enfants confisqués à leurs mères par l’Eglise irlandaise, Stephen Frears réussit un miracle d’humanisme, d’équilibre et de subtilité là où beaucoup d’autres seraient tombés dans les pièges du manichéisme, de la lourdeur et de l’indignation facile.

A la base de ce sujet de société (que les journalistes anglais appellent "human interest"), il y a l’association improbable de deux personnages opposés. D’un côté, une femme d’origine irlandaise (Judi Dench) qui, voyant arriver le cinquantième anniversaire d’un fils qu’elle n’a jamais connu, décide de partir à sa recherche. Le destin lui fait rencontrer un journaliste récemment licencié par la BBC, et que cette enquête pourrait aider à rebondir. Le sujet l’intéresse dès le départ parce qu’il s’appuie sur le scandale des couvents qui, dans les années 50, recueillaient les "filles perdues", et en échange, prenaient leurs enfants afin de les revendre  pour adoption à de riches étrangers. Avec l’aide du journaliste, l’enquête de Philomena la mènera en Amérique, où les surprises se succèdent.

Evitant toutes les tentations mélodramatiques, le film progresse comme un récit initiatique dont chaque personnage sort enrichi. Jouée par Judi Dench, Philomena est particulièrement attachante en dépit de sa complexité. Victime de mauvais catholiques, elle n’a pas perdu la foi pour autant, et elle s’en sert pour tempérer la colère du journaliste indigné par le clergé. Steve Coogan, qui est également co-producteur et co-scénariste,  trouve enfin un rôle riche et nuancé qui le change du cynique unidimensionnel que Michael Winterbottom a trop souvent tendance à lui faire jouer (Tournage dans un jardin anglaisA Very Englishman). Avec Philomena, Stephen Frears est à son meilleur niveau (on pense à The Queen) avec un dosage idéal d’humour, de drame et d’intelligence.
Gérard Delorme

Bande-annonce :

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