Peaky Blinders : L’Immortel
Netflix

Cillian Murphy laisse derrière lui les rues de Birmingham dans un ultime chapitre ivre de paraboles. Simple mais puissant.

1919-1940. L’aventure des Peaky Blinders boucle la boucle avec L’Immortel, film événement qui sort ce vendredi 20 mars sur Netflix pour refermer (définitivement ?) le livre des Shelby. Une famille marquée au fer rouge par la Première Guerre mondiale, et encore hantée par les tranchées au moment où l’Europe s'enfonce dans la Seconde. Un grand final en forme de chant du cygne, grandiose et bouleversant.

L’intrigue, elle, est pourtant relativement sommaire. Un fil conducteur assez simple, presque minimaliste, qui sert surtout de prétexte pour faire revenir une demi-douzaine de figures emblématiques de la série originale (comme Ada jouée par Sophie Rundle ou Stagg par Stephen Graham). Nous sommes en pleine Seconde Guerre mondiale : la bataille d’Angleterre fait rage, Birmingham est sous les bombes, et, en coulisses, une opération insidieuse menée par les Nazis vise à injecter des millions de livres en fausse monnaie pour fragiliser l’économie britannique. Loin du chaos, à l'écart du monde, Tommy Shelby vit désormais en ermite. Il écrit ses mémoires, au fond du gouffre, tourmenté par ses démons, obsédé par le passé et incapable de se projeter dans un futur vide de sens.

Peaky Blinders film L'immortel
Netflix

C'est une silhouette brisée, presque fantomatique, qui erre dans la première demi-heure. Mais venir à bout des Nazis - et d’un Tim Roth délicieusement méchant - c'est une raison valable de replonger dans le business. D’autant que son fils commence sérieusement à déraper dans les rues du nord de l’Angleterre...

Le face-à-face entre papa Cillian Murphy et son rejeton Barry Keoghan est d’ailleurs l’un des grands plaisirs du film. Un tango tendu entre deux regards bleu azur qui se transpercent mutuellement au rythme d'une mise en scène rock’n’roll à souhait. Le script de Steven Knight déroule son histoire de transmission et de paternité maudite sans trop se poser de question. L'idée de l'héritage des Peaky Blinders traverse tout le film comme une angoisse existentielle. Une obsession testamentaire qui laisse peu de place aux surprises.

Au fond, tout a été pensé pour construire une scène triomphale à Cillian Murphy. Son Tommy Shelby prend des allures de figure christique, traversant Birmingham comme un spectre à dos de cheval, entre mythe et déchéance, presqu'un demi-dieu qui avance littéralement vers sa propre fin. Avec ce film, Murphy arrive au bout du chemin de croix. Il peut dire adieu au rôle le plus marquant de sa carrière (oui, même en tenant compte de Oppenheimer et de son Oscar).

Peaky Blinders : L’Immortel
Netflix

Et tout le monde pourra venir assister à la procession : pas vraiment besoin d'avoir vu la série pour comprendre le film, qui comble aisément les blancs et raccroche les wagons - même si certaines résonances émotionnelles échapperont forcément aux non-initiés.

Reste l’essentiel : L’Immortel offre un véritable sentiment de finalité. La conclusion tant attendue par les fidèles des Peaky Blinders, qui auront suivi pendant près de 15 ans, 6 saisons et 36 épisodes le destin messianique de Tommy Shelby.

Peaky Blinders : L’Immortel, le 20 mars sur Netflix.