Adieu Berthe, Bruno Podalydes 2012
Why Not Production

Ce soir Arte rediffuse Adieu Berthe, l’histoire d’indécisions ordinaires avec Denis Podalydès, Valérie Lemercier, Isabelle Candelier et Michel Vuillermoz.

Que ce soit pour filmer son frère Denis Podalydès en grand fan de Tintin dans des intérieurs exigus avec Versailles Rive Gauche (1992) ou en père de famille qui s’ennuie en vacances dans Liberté-Oléron (2001) en passant par le cliché du Parisien qui se plaint toujours et ne trouve pas de place pour garer sa voiture dans Paris, je t’aime (2006), Bruno Podalydès excelle en réalisant des films au charme français qui mêlent mélancolie et situations cocasses.

En 2009, un film conceptuel, en mosaïques de plusieurs histoires parlant de la solitude venait clôturer sa trilogie versaillaise, après Versailles rive gauche (1992) et Dieu seul me voit (1996). Bancs publics réunissait un casting cinq étoiles avec entre autre Catherine Deneuve et son armoire dans un magasin de bricolage, Bernard Campan en voisin méfiant, Pierre Arditi en PDG ou encore encadre Michel Vuillermoz, un de ses acteurs fétiches qui occupera d’ailleurs le rôle de Rouvier-Boubet présentant ses cercueils futuristes dans Adieu Berthe (ou l’enterrement de mémé) sorti en 2012.

Adieu Berthe (l'enterrement de mémé) : règlements de compte en famille [critique]

On y retrouve Denis Podalydès dans la peau d’un pharmacien (Armand) dépassé par les problèmes conjugaux avec son épouse (Isabelle Candelier), sa maîtresse (Valérie Lemercier), un fils adolescent qui l’ignore (Benoît Hamon) et bien sûr l’enterrement de sa grand-mère, Berthe. Le personnage d’Armand est indécis, son histoire assez ordinaire est celle d’un questionnement qui fait écho au sujet du devoir de philosophie de son fils ‘’qu’est-ce que vouloir ?’’. La mort vient chambouler le confort irrésolu d’Armand : faut-il incinérer ou enterrer ? Partir avec sa maîtresse ou rester avec sa femme ?

La lourdeur des sujets est adoucie par l’omniprésence de la magie et des comiques de situations qui s’enchaînent. Les pompes funèbres sont burlesques et les dialogues nous esquissent des sourires. Bruno Podalydès nous fait comprendre subtilement que tout est une question d’illusion et de surprises en créant un univers ou les trappes secrètes renferment des amours passées. Un film à (re)découvrir ce soir à 20h55 sur Arte.