Oui de Nadav Lapid
Les films du Losange

Le réalisateur Nadav Lapid récidive avec Oui, un nouveau brûlot dénonçant la politique israélienne.

Cinéaste israélien résidant à Paris, Nadav Lapid entretient une relation compliquée avec son pays natal. Dans Le Genou d’Ahed, son précédent long-métrage primé à Cannes en 2021 (et inspirée de l’histoire vraie de l’activiste palestinienne Ahed Tamimi), il critiquait déjà ouvertement l’étau étouffant les voix discordantes au sein de l’Etat Hébreu, à travers la figure d’un réalisateur confronté à la censure alors qu’il vient présenter un film dans un petit village.   

Avec Oui, présenté en mai dernier à la Quinzaine des réalisateurs, Lapid pousse le curseur encore plus loin. Son double artistique s’appelle encore Y., mais il est cette fois un musicien de jazz précaire qui tente, avec sa femme danseuse, de consoler son pays meurtri par l’attaque terroriste du 7 octobre. Il se voit bientôt confier la création d’un hymne de propagande à la gloire de Tsahal… 

La projection houleuse de Oui avait déjà marqué la Croisette, en mai dernier. Sa sortie au cinéma, le 17 septembre prochain en France, risque elle aussi de faire du bruit au vu de l’actualité brûlante au Moyen-Orient. En décembre 2023, Nadav Lapid faisait partie des 50 cinéastes signataires d’une tribune dans Libération demandant un cessez-le-feu et la fin des meurtres de civils dans le cadre de l'invasion israélienne de la bande de Gaza en 2023.