Palmarès festival d'Angoulême 2023
Roger Arpajou- Gaumont/ Jérôme Domine- ABACA

Le quatrième long métrage de Katel Quillévéré repart avec deux trophées : le Valois du meilleur film de cette édition 2023 et le prix d’interprétation pour Vincent Lacoste.

Les années passent et le succès du festival du film francophone d'Angoulême ne se dément pas. Bien au contraire ! Avec pour ce millésime 2023, des séances complètes tant pour les avant- premières (pas moins de 11 salles du complexe CGR pleines à ras bord pour L’Abbé Pierre de Frédéric Tellier, Nouveau départ avec le duo Karin Viard- Franck Dubosc…) que pour la compétition, majoritairement composée de premiers et deuxièmes longs métrages. Et l’impression visuelle qu’on a pu avoir tout au long de cette semaine s’est trouvée confortée par les chiffres de fréquentation annoncés ce soir : 58 000 spectateurs comptabilisés en six jours contre 52000 l’an passé.

Pour conclure en beauté cette 16ème édition, juste avant la projection du film de clôture, Flo, le biopic de la navigatrice Florence Arthaud signé Géraldine Danon, ne restait plus qu’à connaître le verdict du jury présidé par Laetitia Casta qui a eu fort à faire avec une compétition très serrée de 11 longs métrages où tout pronostic se révélait compliqué à faire

Le Valois de Diamant du meilleur film a été attribué au Temps d’aimer de Katell Quillévéré qui succède au palmarès aux Pires de Lise Akoka et Romane Guéret, couronné l’an passé. Un film inspiré à la réalisatrice par sa propre grand- mère. Une histoire d’amour singulière sur plus de 20 ans entre la serveuse d’un hôtel-restaurant du bord de mer (Anaïs Demoustier) et un étudiant riche et cultivé, porteurs l’un et l’autre de secrets enfouis, qui vont peu à peu ressurgir. Un mélo romanesque avec un M et un R majuscule doublement récompensé par le prix d’interprétation masculine reçu par Vincent Lacoste. Une (belle) habitude pour Katell Quillévéré qui avait vu ici même triompher en meilleure actrice Sara Forestier dans son Suzanne, qui marquait sa première apparition en compétition à Angoulême en 2016.

Le temps d'aimer
Gaumont

Doublé aussi pour un autre film découvert comme Le Temps d’aimer sur la Croisette en mai dernier (dans la section Un Certain Regard) : Rosalie de Stéphanie Di Giusto, librement inspiré de la vie de Clémentine Delait, célèbre femme à barbe française du début du XXème siècle. Impressionnante dans le rôle- titre, Nadia Tereszkiewicz, Césarisée en février pour Les Amandiers, poursuit sa collection de trophées avec le prix d’interprétation féminine alors que la polonaise Hania Rami a, elle, remporté le Valois de la musique.

Rosalie
Gaumont

Le prix de la mise en scène est revenu à un autre film « cannois » de la section Un Certain Regard, Augure de Baloji. Une récompense méritée tant la réalisation constitue le point fort de ce récit envoûtant qui fait la part belle à la sorcellerie où l’on suit un Congolais de retour dans son pays, quitté 18 ans plus tôt, pour présenter sa compagne belge enceinte de deux jumeaux à sa famille.


Mais les deux films de la compétition ayant remporté tout au long de la semaine les plus gros succès à l’applaudimètre n’ont pas été oubliés. Pour l’enchanteur La Fiancée du poète, son deuxième long métrage de réalisatrice en solo, Yolande Moreau est repartie avec le prix du scénario (co-écrit par Frédérique Moreau, complice d’écriture des derniers films de Xavier Beauvois).


 

Et La Vie de ma mère, comédie émouvante de Julien Carpentier autour de la relation entre un fils et sa mère bipolaire (brillamment campés par Agnès Jaoui et William Lebghil), a reçu, le très couru prix du public. 


 

Alors que le jury étudiants a lui, choisi, de plébisciter une autre histoire de relation mère- fils, Rien à perdre de Delphine Deloget où Virgine Efira incarne une femme tentant de récupérer son enfant placé en foyer. Un drame social d’une grande justesse.

Palmarès du Festival du film francophone d’Angoulême 2023 : 

Valois de diamant : Le Temps d’aimer de Katell Quillévéré

Valois de la mise en scène : Baloji pour Augure

Valois de l’actrice : Nadia Tereszkiewicz dans Rosalie

Valois de l’acteur : Vincent Lacoste dans Le Temps d’aimer

Valois du scénario : Yolande Moreau et Frédérique Moreau pour La Fiancée du poète

Valois de la musique : Hania Rani, pour Rosalie

Valois du public : La Vie de ma mère de Julien Carpentier

Valois des étudiants francophones : Rien à perdre de Delphine Deloget