The Batman
Warner Bros.

"Avait-on vraiment besoin d'un autre reboot de Batman ? La réponse, après avoir vu le formidable film de Matt Reeves, est un oui retentissant."

C'est ce qu'on appelle un accueil dithyrambique. The Batman débarque cette semaine au cinéma et la presse américaine n'a pas de mots assez forts pour saluer le travail de Matt Reeves, l'interprétation épique de Robert Pattinson, la cruauté noire du Joker, le décorum grandiose de la production DC. Les critiques sont unanimes : il n'y a jamais eu de film de comics comme celui-ci auparavant.



Variety avoue d'abord avoir craqué pour le charme vénéneux de ce "Robert Pattinson torturé, plus dark encore que le Dark Knight". La revue spécialisée estime que ce "Batman canalise les peurs et les frustrations de notre climat politique actuel (...) Il mélange des éléments du film de gangsters classique avec des commentaires avant-gardistes sur les défis auxquels le monde moderne est confronté (...) Reeves électrise des séquences très denses et ultra-sombres, ce qui justifie la durée relativement exigeante du film."

Vulture valide : "Vous pensiez peut-être que Batman ne pouvait pas devenir plus sombre que la version de Nolan ? Vous vous trompiez. Le Joker de Heath Ledger dans The Dark Knight a cousu un téléphone dans l'abdomen d'un homme en 2008 afin que 14 ans plus tard le Riddler de Paul Dano puisse ensuite donner l'abdomen d'un autre homme à manger à une cage pleine de rats... On est là dans un film Batman réinventé, dans un film de tueur en série macabre. Mais cette fois, ce n'est pas seulement le tueur en série qui se tapit dans l'ombre, regardant sa proie et attendant de bondir : le héros aussi !"

Uproxx analyse de son côté que ce Batman a "plus en commun avec un crime mystery graveleux à la L.A. Confidential ou à la Seven qu'avec un Spider-Man : No Way Home. C'est un film qui embrasse pleinement le présent. Il dure presque trois heures, oui, c'est long, mais au moins, c'est une histoire finie. Et aussi, chose rare pour un film Batman : Batman est en fait le personnage principal !"

Rolling Stone insiste sur le talent de Robert Pattinson, "un choix inspiré pour amener à l'écran cette version hantée du personnage en mode bête blessée. Il y a un courant sous-jacent de pathos et de vulnérabilité qu'il apporte à cette interprétation moody-blues de Bruce. Depuis Twilight, l'acteur britannique s'est spécialisé dans la représentation d'âmes inadaptées…. Son Batman a définitivement son humeur. Il est également une itération plus maussade, enragée et volatile que les incarnations précédentes du personnage DC. Et ce n'est pas peu dire."

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Entertainment Weekly insiste aussi sur le casting au plus que parfait de The Batman : "Kravitz est féline et férocement adorable, une fille avec sa propre douleur et ses propres motivations; Dano joue et rigole. Mais il incombe au Batman en cuir de Pattinson d'être le héros dont nous avons besoin... ou celui que nous méritons. Avec ses tristes yeux maculés de khôl et sa mâchoire trapézoïdale, il ressemble plus à un prince tragique de Shakespeare ; une âme perdue déterminée, comme une chauve-souris venue des enfers pour sauver tout le monde sauf lui-même."

IndieWire explique de son côté que le film suit le sillon tracé par "le Joker de Todd Phillips, qui, il y a trois ans, pointait la direction à suivre pour les films de super-héros, qui n'auraient même plus à être des films de super-héros. Avec The Batman, Matt Reeves signe donc un polar en latex tentaculaire de 176 minutes. Le futur promis par Joker est bien là, comme une force frissonnante, pour le meilleur ou pour le pire. Surtout pour le meilleur."

Vanity Fair applaudit également les décors et l'atmosphère de The Batman : "Dans son ensemble, l'approche de Reeves est rafraîchissante. Le Gotham qu'il a créé - à partir de morceaux de Londres et de Chicago, avec des références visuelles à New York et à d'autres villes - est une merveille esthétique. Sa ville bouillonne d'une allure dangereuse, une fresque vivifiante d'orange fluorescent et de violet sombre. Reeves a peuplé cet endroit obscur avec une foule de bons acteurs. Ce Batman a pris en compte la texture et c'est aussi agréablement immersif que la trilogie de Nolan."

Slash Film conclut avec une forme de solennité : "Avait-on vraiment besoin d'un autre reboot de Batman ? La réponse, après avoir vu le formidable film de Matt Reeves, est un oui retentissant. L'histoire du Dark Knight a été racontée tant de fois que vous pourriez penser qu'il n'y a plus rien à dire sur ce personnage. Et pourtant, Reeves et son équipe ont conçu une épopée tentaculaire, inquiétante et rêveuse; un mélange d'action-aventure, de mystère, d'horreur, de noir et même d'un peu de romance pour faire bonne mesure. Plusieurs fois, je me suis même demandé : "N'est-ce pas le meilleur film de Batman en fait?" C'est peut-être le cas."