Le Mage du Kremlin
gaumont

Le Mage du Kremlin sera présenté à la Mostra de Venise cette semaine.

Dans son nouveau film, Olivier Assayas ausculte l’ascension de Vladimir Poutine.

Le Mage du Kremlin, produit par Gaumont, fait sa grande première mondiale cette semaine en compétition à la Mostra de Venise.

Le cinéaste français  n’en est pas à son premier tête-à-tête avec des figures sulfureuses. Dans le passé, il a déjà mis en scène des personnages pris dans des engrenages géopolitiques explosifs, qu’il s’agisse du révolutionnaire vénézuélien Ilich Ramírez Sánchez, alias Carlos, ou du réseau d’espionnage cubain des Cinq de Miami dans Cuban Network. Mais avec Le Mage du Kremlin, son tout premier long métrage en anglais, Assayas franchit une nouvelle ligne rouge en livrant un portrait nuancé, parfois teinté d’humour noir, de Vladimir Poutine, incarné par l'acteur anglais Jude Law, presque méconnaissable sur les premières images.

Le Mage du Kremlin
Carole Bethuel – Curiosa Films – Gaumont

Le film retrace l’ascension du futur président russe dans le chaos de l’après-URSS, guidé par Vadim Baranov (joué par Paul Dano), un spin doctor fictif inspiré de Vladislav Sourkov, l’homme de l’ombre qui a façonné l’image du pouvoir russe.

Adapté du best-seller de Giuliano da Empoli, publié en 2022, par Assayas et Emmanuel Carrère, Le Mage du Kremlin promet d’alimenter les débats à Venise — dans un contexte où la guerre en Ukraine reste brûlante d’actualité.

Le Mage du Kremlin
Carole Bethuel – Curiosa Films – Gaumont

Le pitch officiel : "Russie, début des années 1990. Alors que l'Union soviétique s'effondre, le pays flirte entre les promesses de liberté et le chaos. Dans ce contexte tendu, Vadim Baranov, jeune artiste inconnu devenu producteur d’émissions de téléréalité, prend de l'importance. Il va peu à peu devenir le spin doctor d'un membre prometteur du Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie, Vladimir Poutine."

À la veille du festival, Assayas explique à Variety avoir conçu Le Mage du Kremlin non pas seulement comme une "origin story de Poutine", mais comme une plongée dans les fondations du "monde politique moderne".

"J’ai toujours pensé qu’au fond, cette question du mal et de son ambiguïté appartient au cinéma, et a toujours appartenu au cinéma," affirme-t-il, citant ensuite Alfred Hitchcock, "qui disait que plus le méchant est réussi, meilleur est le film."

Mais le réalisateur nuance : le public, selon lui, est "peut-être moins habitué à voir représenté le mal politique, qui n’est pas quelque chose que l’on montre, mais quelque chose que l’on subit. Ce qui rend ce film unique, et ce qui m’a fasciné, c’est justement qu’il en montre les conséquences, mais tente aussi d’en révéler la nature. Comment il fonctionne, ses rouages intérieurs."

Sortie en France au cinéma le 21 janvier 2026.