Démineurs
SND

Après le film choc Détroit, Arte poursuit son cycle consacré à la réalisatrice américaine.

Hier, la septième chaîne diffusait pour la première fois en clair Détroit, un drame retraçant une terrible bavure policière lors des manifestations de Noirs Américains, en 1967. Une claque sur le fond comme sur la forme, qui confirmait à sa sortie, durant l'été 2017, le talent de sa réalisatrice, Kathryn Bigelow. La chaîne lui consacre justement un cycle, en programmant ce soir Démineurs (en deuxième partie de soirée, après le drame Le Labyrinthe du Silence), puis Zero Dark Thirty et Blue Steel seront également diffusés dans les jours qui viennent.

Kathryn Bigelow : “Avec Detroit, je veux éveiller les consciences”

En 2010, Démineurs avait créé l'événement aux Oscars, Kathryn Bigelow devenant la première femme de l'histoire à recevoir la statuette du meilleur réalisateur. Une consécration de la part de l'industrie hollywoodienne qui lui a permis de revenir en force avec son film retraçant la traque de Ben Laden. Démineurs, Zero Dark Thirty et Détroit sont tous les trois écrits par Mark Boal et traitent de sujets politiques et sociaux de l'Amérique contemporaine, abordant les problématiques actuelles de plein fouet. Pourtant, à sa sortie, le premier avait divisé la rédaction de Première, malgré des qualités indéniables. Voici nos critiques, avant de pouvoir vous faire votre propre avis ce soir, à partir de 22h50 sur Arte.

Démineurs : le film qui aurait dû changer Hollywood

Le pour, par Mathieu Carratier :

"Vous voyez la scène de roulette russe dans Voyage au bout de l’enfer ? Démineurs, c’est ça pendant deux heures. Un thriller qui vous coupe les jambes, le souffle et vous relâche en nage avec un goût de poudre au fond de la gorge."

Le pour, par Thomas Baurez :

"Tableau absurde d’une guerre bloquée de tous les côtés. La cinéaste Kathryn Bigelow, connue pour ses films musclés et cérébrés tels Point Break ou Strange Days, s’engouffre dans le sillon tracé par Brian De Palma et son Redacted. Bien que moins ouvertement politisé, son film interprété par des jeunes acteurs, tous inconnus ou presque, réfléchit sur la façon de rendre compte d’une guerre à l’heure où la multiplication des images brouille notre vision. Dans ce Démineurs, chacune d’entre elles menace d’ailleurs à tout instant de nous péter à la gueule. 'Vous qui entrez ici, oubliez tout espoir…'"

Le contre, par Stéphanie Lamome :

"(...) la réalisatrice, en tournant autour de son héros, a beau s’évertuer à jouer sur les ralentis et les zooms avant/arrière, on ne voit au final qu’un type qui a chaud en train de débrancher des fils. Rien à faire, cette surenchère d’effets de style rappelle le pire de Tony Scott."

Le contre, par Sylvestre Picard :

"Le film qui fait (re)basculer la carrière de Bigelow. En perte de vitesse depuis Strange Days (1995), la réalisatrice se retrouve soudain propulsée au sommet avec son portrait d’un soldat yankee accro au danger. Triomphe critique aux Etats-Unis, Oscars remportés à la barbe de son ex James Cameron, Jeremy Renner sur orbite, etc. On se permettra néanmoins de souligner ici l’ennui profond que procure le film, étouffant, pesant, répétitif, hésitant constamment entre film de genre et film sur le genre, B-movie et film à thèse, rush d’adrénaline et posture réflexive. Un constant pas de deux qui lui donne des airs bâtards, inaboutis, malgré d’indéniables fulgurances (la douche de Renner dans sa tenue de démineur reste une image démente) et une capacité à saisir l’air du temps (l’amertume et la gueule de bois de l’après Bush) qui forcent quand même le respect."

Les films de Kathryn Bigelow du pire au meilleur

L'Histoire de Démineurs : Bagdad, de nos jours. Le sergent-chef James, spécialiste du déminage en zone de combat, prend la tête d'une unité d'hommes ultra-entraînés. Mais ses méthodes surprennent deux de ses soldats, Sanborn et Eldridge, lorsqu'il les précipite dans un jeu mortel de guérilla urbaine, sans se soucier de leur sécurité. James se comporte comme si la mort ne lui faisait pas peur. La ville plonge dans le chaos. Ses subordonnés tentent de raisonner James, grisé par le danger. Sa vraie nature se révèle alors, et ses hommes en seront marqués à jamais...

Bande-annonce :