Ce qu’il faut voir en salles
L’ÉVÉNEMENT
DE L'UNIVERS DE JOHN WICK: BALLERINA ★★☆☆☆
De Len Wiseman
L’essentiel
Porté par une Ana de Armas moins charismatique qu’espéré, ce dérivé de l’univers John Wick est une « john-wickerie » de plus dans un monde saturé par les clones de John Wick.
Deuxième spin- off de la franchise John Wick, Ballerina est consacré au personnage d’Eve Maccaro, qu’on entrapercevait dans le troisième épisode, Parabellum. Une super- tueuse campé par Ana de Armas, doublée d’une ballerine dure à la peine Le film raconte son enfance meurtrie, puis, une fois qu’elle est devenue grande, sa croisade vengeresse contre ceux qui ont massacré sa famille. Entre l’histoire de vengeance passe-partout et le ressassement des motifs récurrents de la saga, Ballerina ne cherche pas à réinventer quoi que ce soit, tout en faisant preuve de pas mal d’invention quand il s’agit de dynamiser une énième scène de combat. Mais si le film déçoit, c’est justement sur le plan de l’incarnation. On attendait beaucoup d’Ana de Armas en super-assassine cassant des gueules à la chaîne. L’actrice assure ici aussi dans les scènes de baston. Mais son personnage, pas aidé par sa backstory trop banale, paraît très terne. Et elle n’arrive jamais à résoudre l’équation qui a fait le succès du personnage de John Wick: cet équilibre combinant l’intériorité mélodramatique, la grandiloquence mythologique et la pureté graphique d’une case de BD.
Frédéric Foubert
Lire la critique en intégralitéPREMIÈRE A BEAUCOUP AIME
FRAGMENTS D’UN PARCOURS AMOUREUX ★★★★☆
De Chloé Barreau
Depuis ses16 ans, Chloé Barreau a filmé celles et ceux qui ont partagé sa vie et son lit pour une nuit, une semaine, des mois et plus si affinités… Des images dont elle n’avait jamais pensé faire la matière d’un film jusqu’à ce qu’une rupture douloureuse à la quarantaine, la pousse à se poser une question aussi simple que vertigineuse : comment les gens avec qui elle a été raconteraient-ils leur histoire commune ? Le point de départ de ce documentaire où elle entremêle ses archives avec les témoignages face caméra des personnes concernées (interviewés par Astrid Desmousseaux) pour en raconter le contrechamp à travers leurs souvenirs. Un projet casse- gueule où cette admiratrice de Sophie Calle aurait pu se perdre par trop d’autocentrisme mais où la parole intime tutoie très vire l’universel en plaçant au même niveau toutes les formes que peut prendre la passion. Le voyage que propose Chloé Barreau finit par dialoguer d’une manière ou d’une autre avec nos vues. Le tout avec une espièglerie ludique qui rend d’autant plus puissante les témoignages de cicatrices mal refermées.
Thierry Cheze
Lire la critique en intégralitéJARDIN D’ETE ★★★★☆
De Shinji Somai
Décédé en 2001 à 53 ans, Shinji Somai est un réalisateur adulé par nombre de ses pairs nippons (Kore- eda,…), dont un seul de sa quinzaine de films avait connu une sortie dans nos salles. Le distributeur Survivance entreprend depuis quelques années un travail de fond à saluer pour faire connaître son œuvre. A l’image de ce Jardin d’été, réalisé en 1994. Celui- ci met en scène trois enfants, dont l’un revient d’un enterrement et, évoquant avec les deux autres cette expérience, leur diffuse ce qu’il ressent face à la mort : fascination et trouille bleue. Un échange qui pousse ce trio à aller espionner un vieillard excentrique vivant dans une maison isolée qu’ils pressentent à deux doigts de passer de vie à trépas. Un jeu d’enfants né d’une fascination morbide mais qui va, le temps d’un été inoubliable, voir ce trio devenir un quatuor inséparable, brisant les barrières des a priori et des générations. En découle un récit initiatique d’une poésie lumineuse, poignant mais jamais larmoyant, autour de l’acceptation de la mort de ces gamins qui n’oublieront jamais cette parenthèse estivale enchantée.
Thierry Cheze
Lire la critique en intégralitéPREMIÈRE A AIME
LE REPONDEUR ★★★☆☆
De Fabienne Godet
Baptiste (Salif Cissé), imitateur au talent certain mais qui peine à remplir les salles, se retrouve embarqué dans une improbable combine : Pierre Chozène (Denis Podalydès), écrivain constamment dérangé par les appels de son entourage, l’embauche pour devenir - littéralement - sa voix. En se faisant passer pour lui au téléphone, Baptiste gagne un peu d’argent, et surtout une place énorme dans une vie qui n’est pas la sienne. Mais plus le temps passe, plus il se permet d’improviser… Idée de scénario géniale mais éminemment casse-gueule : comment régler la question de la voix de Podalydès lorsque le personnage de Cissé prend les coups de fil à sa place ? Fabienne Godet a décidé de faire confiance à son comédien, qui parvient à imiter quasiment à la perfection le timbre de Podalydès. Quelques habiles bidouilles de mixage sonore complètent l’illusion, et le résultat est suffisamment fluide pour qu’on y croit sans effort. Un atout majeur qui n’empêche pas le film de tirer légèrement en longueur et de ne pas toujours exploiter pleinement son potentiel. Mais le duo d’acteurs compense les baisses de régime et son alchimie, inattendue sur le papier, devient une évidence.
François Léger
Lire la critique en intégralitéCLOUD ★★★☆☆
De Kiyoshi Kurosawa
Pour son deuxième film en 3 mois après Chime et avant La Voie du serpent en juillet, Kiyoshi Kurosawa adapte un fait divers et met en scène Ryosuke, petit trader en herbe (et en ligne !), qui achète des produits en observant leur coût pour les revendre au prix fort. Mais à mesure qui à mesure qu’il prend son indépendance, voit son quotidien perturbé par d’autres internautes et la police. Plus le film avance, plus il prend frontalement l’allure d’un thriller, un virage qui accompagne subtilement le passage d’une menace virtuelle à réelle. Tout élément du décor peut devenir source de danger : une ombre dans le bus, un espace vide purgé de tout espoir… Jonglant tant bien que mal entre divers registres, le film perd un peu de son intensité dans la longueur. Il en reste une charge contre la précarisation du travail et ses conditions actuelles, que le cinéaste japonais ne touche jamais plus finement lorsqu’il la rattache à la question de la séparation entre virtuel et réel, vie privée et vie publique.
Nicolas Moreno
LA TERRE DES VERTUS ★★★☆☆
De Vincent Lapize
Documentaire militant en forme de chronique impressionniste, La Terre des vertus raconte le combat des usagers des jardins partagés d’Aubervilliers contre les plans de bétonisation du Grand Paris. Face à la menace des tractopelles, les jardiniers-résistants transforment leur JAD (Jardins à défendre) en laboratoire démocratique. On vous conseille d’aller visiter cet ilot caché au milieu des HLM, c’est ouvert (et tout vert), il y pousse plein de choses et, qui sait ?, peut-être même un happy end.
Frédéric Foubert
DANS LA PEAU ★★★☆☆
De Pascal Tessaud
De Pascal Tessaud on se souvient de son premier long-métrage, Brooklyn, itinéraire sensible d’une jeune rappeuse suisse, autour de la difficulté de trouver sa place dans un monde incertain mais sauvé par les vibrations humaines. Dans la peau lui ressemble presque comme un frère. On y suit la romance marseillaise entre un danseur de Krump et une jeune architecte. Le cinéaste saisit avec finesse la façon dont l’amour doit savoir se montrer plus fort que les conventions (sociales, culturelles…) qui régissent nos vies.
Thomas Baurez
Retrouvez ces films près de chez vous grâce à Première GoPREMIÈRE A MOYENNEMENT AIME
SAUVE QUI PEUT ★★☆☆☆
De Alexe Pukine
L’angle est aussi original que pertinent. Alexe Poukine filme des ateliers où des soignants s’entraînent avec des comédiens à annoncer les diagnostics les plus tragiques à de futurs patients proches. Et passe par ce prisme pour raconter la crise structurelle du monde hospitalier. Mais, outre le fait de passer après les œuvres récentes puissantes de Philibert, Lifshitz ou Claire Simon sur ce même terrain, son documentaire souffre surtout d’un format pas forcément adapté. Un 52’ aurait mieux fonctionné pour éviter quelques répétitions inutiles.
Thierry Cheze
HORIZONTE ★★☆☆☆
De Cesar Augusto Acevedo
Piégées entre la vie et la mort, les âmes d’une mère et d’un fils arpentent un paysage de désolation ravagé par le conflit armé colombien. En quête d’expiation, ils rencontrent tour à tour les victimes de ce jeune homme trop tôt enrôlé dans la milice. Si le film s’ouvre sur vingt minutes de mise en scène magistrale où la caméra tournoie dans le brouillard au gré d’une voix off éveillant notre imagination, les séquences qui s’ensuivent se perdent – et nous perdent - dans un maelström de métaphores surréalistes.
Lucie Chiquer
PREMIÈRE N’A PAS AIME
FREUD, LA DERNIERE CONFESSION ★☆☆☆☆
De Matt Brown
Des Freud sur grand écran, on retient notamment la composition fragile et anxieuse de Monthy Cliff qui épuisa tant John Huston (Freud, passions secrètes) ou celle, plus droite de Viggo Mortensen pour David Cronenberg (A Dangerous Method). Ici et là, la figure pourtant romanesque de l’inventeur de la psychanalyse semblait se heurter à son autorité intellectuelle finalement peu cinématographique. Matt Brown enrôle ici un Anthony Hopkins si habitué à l’incarnation des grands hommes qu’il finit invariablement par phagocyter de l’intérieur la personnalité qu’il est censé servir. Le scénario adapté d’une pièce elle-même dérivée d’un livre s’intéresse à la rencontre supposément fictive entre Freud et C. S Lewis, auteur du Monde de Narnia. Joute verbale qu’on pressent jouissive avant que le face-à-face ne vire au dialogue bien trop policé sans cesse parasité par des sous-intrigues révélant la peur panique du cinéaste de se retrouver seul avec ses glorieux protagonistes.
Thomas Baurez
Et aussi 3ème oeil, de Tatiana Becquet Genel
Les Dernières grandes transhumances, de René Mannent
L’Eté de Joe, Liz et Richard, de Sergio Naitza







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