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Les stars américaines se bousculent pour tourner en France depuis quelques années. Mais que viennent-elles chercher chez nous ? Première a enquêté.

Après Kristen Stewart chez Olivier Assayas (Sils Maria, Personal Shopper) et bientôt chez Quentin Dupieux, après Demi Moore ressuscitée par The Substance de Coralie Fargeat (en 2024), après Jodie Foster chez Rebecca Zlotowski dans Vie privée (2025), c’est au tour d'Angelina Jolie de débarquer dans le cinéma français cette semaine avec Coutures, le nouveau film de Alice Winocour. Elle y incarne une réalisatrice américaine perdue à Paris en pleine Fashion Week.

L’occasion de se demander pourquoi les stars hollywoodiennes affluent ainsi dans le cinéma hexagonal : phénomène de fond ou simple embouteillage d’exemples hasardeusement réunis par un goulot du calendrier ?

Première a enquêté dans son dernier numéro (numéro 570, actuellement dans les kiosques et sur la boutique en ligne). Anaïs Duran, directrice de casting de Coutures, nous explique comment Angelina Jolie est arrivée sur le film produit par CG Cinéma : "La prise de contact se fait souvent directement par le producteur, par exemple à l’occasion de festivals où les industries françaises et américaines se mélangent." Et une fois la mise en relation effectuée, les choses sont moins difficiles qu'on ne le pense, car "toutes les stars ont l'habitude de baisser leur standard tarifaire pour un projet de cœur dans leur propre pays, elles le font donc aussi pour passer d’Hollywood à la France."

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Pathé Films

Leur désir de tourner chez nous a aussi pour corollaire un rejet - ou au moins une lassitude - des propositions qui leur sont faites à domicile. Les stars, et particulièrement les actrices, viendraient chercher en France les rôles que l’Amérique ne leur offre plus, notamment passé un certain âge. Jodie Foster (63 ans), Demi Moore (63 ans) ou Angelina Jolie (50 ans) se sont, à des degrés divers, senties s’éloigner de la catégorie A ces dernières années - pour ne pas dire, dans le cas de Moore, tomber un temps dans le vortex du direct-to-video. Depuis que Hollywood produit moins de films, et encore moins de projets d’auteur, les rôles féminins pour les plus de 40 ans se raréfient.

Rebecca Zlotowski confirme dans Première : "Certaines, pour continuer d’avoir des rôles intéressants, produisent leurs propres films. Venir en France leur permet aussi de s’épargner cette contrainte".

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Ad Vitam

Même son de cloche chez Fanny Herrero, créatrice de Dix pour cent, qui vient d’achever le tournage du film avec George Clooney et Eva Longoria en guests :

"On ressent dans les conversations avec elles une forme de dégoût de la machine industrielle hollywoodienne. Elles viennent chercher ici quelque chose de plus décontracté, de plus artisanal."

Et puis il y a la dimension politique. Le contexte actuel aux États-Unis joue aussi. Partir tourner en France, c’est parfois s’offrir une respiration. Rebecca Zlotowski, qui a travaillé avec plusieurs actrices américaines, raconte :

"J’ai vécu la première élection de Donald Trump avec Natalie Portman (Planetarium en 2016) et la seconde avec Jodie Foster (Vie Privée). J’ai bien senti ce que leur inspirait l’actualité politique américaine - et ce que, par contraste, elles trouvaient en France, où il fait tout de même mieux vivre."

Coutures, d'Alice Winocour, est à voir actuellement en salles.