La semaine dernière, on apprenait que la suite de 3D Sex and Zen : extreme ecstasy serait développée pour être diffusée dans des salles équipées de sièges vibrants. L'idée de projeter un film pornographique en 4D est tellement logique qu'on se demande pourquoi le concept n'a pas été développé avant. Jonathan Tustain, de journaliste de Yahoo.uk s'est penché sur le sujet et pour lui, la réponse est simple : cela coûte trop cher. Sex and Zen 4D : Slayer of a Thousand from the Mysterious East changera-t-il la donne ? Zoom sur la technologie 4D.La 4D, c'est quoi au juste ? L'un des arguments des personnes défendant à 3D est l'immersion : le relief au cinéma doit permettre au spectateur d'être davantage plongé dans le film, certains éléments semblant sortir de l'écran et s'approcher de lui. Le concept va encore plus loin avec la 4D, qui peut ajouter des odeurs (que les spectateurs sentent grâce à des pastilles, à un moment donné du film, on appelle ça l'odorama), une soufflerie ou encore des jets d'eaux, qui se déclenchent à des moments propices de la séance. Mais le plus commun, ce sont les sièges vibrants. A ne pas confondre avec des simulateurs de mouvements (type Star Tour), puisque les sièges des salles 4D ne se déclenchent que ponctuellement.Si le terme de 4D est assez récent, son utilisation est très ancienne, le premier film à avoir utilisé de l'odorama étant sorti en 1929 : The Broadway Melody. Trente ans plus tard, le film d'horreur Le désosseur de cadavres, porté par Vincent Price, était projeté dans certaines salles dont les sièges pouvaient... déclencher des petits courts jus ! Si l'effet ne faisait pas sursauter les spectateurs, le producteur William Castle avait tour prévu, enregistrant de feux cris et faisant apparaître de feux squelettes au-dessus des spectateurs !La 4D : une attraction comme une autre ?Après quelques tentatives isolées de sortir des films en 4D, le principe obtient ses lettres de noblesses dès les années 80 grâce aux parcs d'attraction. Disneyland, Sea World, Universal Studios... tous les gros parcs ont leur attraction de ce type. En France, on connaît par exemple Chérie j'ai rétréci le public, où les spectateurs sont "attaqués" par des souris (des petits fils bougent sous les sièges) ou bien reçoivent quelques gouttes d'eau lorsque le chien éternue à l'écran. D'autres séquences mélangent live, avec des acteurs qui "entrent" dans l'écran, comme dans Terminator 2 : 3D, à Universal Studio.Pourquoi limiter les projections 4D aux attractions ? Parce que cela coûte cher et demande pas mal d'organisation : tous les mouvements accompagnant le film doivent être orchestrés en fonction de ce qui se passe à l'écran, ce qui suppose que si la 4D se développe à grande échelle, les gestionnaires de salles devront réorganiser leurs projections assez régulièrement, un film restant seulement quelques semaines à l'affiche. Quelques tests sont pourtant faits : les Anglais pourront découvrir un court-métrage de cinq minutes avant la projection de L'âge de Glace 4 (lui aussi diffusé en 4D) au sein d'Alton Towers... un parc d'attraction. Alors oui, la démarche accompagne la sortie d'un film, mais elle reste tout de même exceptionnelle.Les sièges 4D sont plus chers que les lunettes 3DEn se limitant aux sièges mobiles, la chaîne de multiplexes britannique Cineworld voudrait équiper quelques unes de ses salles en 4D. Reste que les spectateurs devront payer plus chers pour ces séances, le prix d'un billet D-Box (destiné aux sièges mobiles) étant majoré de 4,50 livres. Les détracteurs du relief s'attaquant déjà au prix élevé des tickets pour un film en 3D ne devraient pas tellement apprécier...En Corée, la chaîne CJ 4DPlex propose déjà des films en 4D. Là-bas, les scènes clés de certains films familiaux (Avatar, Kung Fu Panda 2) peuvent être accompagnées de coups de vents, de jets d'eau, d'odeurs... Mais les avis des spectateurs divergent, certains appréciant l'expérience tandis que chez d'autres, elle peut entraîner des nausées.Pourtant, les concepteurs de salles 4D restent optimistes. Alors qu'en Angleterre, la vente de billets pour des films en relief a baissé de 7% depuis 2010, les salles proposant de la 4D ont augmenté. Même si elle reste pour l'instant développée surtout dans le cadre d'attractions, les spectateurs connaissent le principe et les spécialistes pensent que les sensations 4D devraient continuer à se développer. Les spectateurs devraient peu à peu se voir proposer davantage de moyens pour s'immerger dans un film, la haute résolution ne cessant de gagner en qualité.C'est là qu'intervient Sex and Zen 4D, qui pourrait bien faire changer les choses : le but des producteurs est de proposer le film dans un maximum de salles équipées de sièges mobiles. Associer porno et vibrations, voilà un concept qui ne sera pas difficile à vendre ! Cette nouvelle expérience attirera-t-elle les spectateurs ? Les producteurs sont confiants, tant le premier volet en relief a explosé tous les records à Hong Kong.La 4D bientôt à la maison ?Jonathan Tustain conclue son article en expliquant que Plusnet, un opérateur proposant des forfaits téléphoniques et internet en Angleterre est en train de plancher sur la conception d'un home cinéma permettant d'associer image en HD, son d'une excellente qualité et sièges mouvants. Il ne reste plus qu'à attendre... 2027, Plusnet précisant que le concept n'est qu'au début de sa création. A moins que d'ici là, des scientifiques aient mis au point des hologrammes suffisamment stables et bons marché pour s'inviter dans nos salons ?







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