Date de sortie 12 octobre 2016
Durée 106 mn
Réalisé par Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne
Avec Adele Haenel , Olivier Bonnaud , Jérémie Renier
Scénariste(s) Luc Dardenne, Jean-Pierre Dardenne
Distributeur Diaphana
Année de production 2016
Pays de production France, Belgique
Genre Drame
Couleur Couleur

Synopsis

Un soir, après l’heure de fermeture de son cabinet, Jenny, jeune médecin généraliste, entend sonner mais ne va pas ouvrir. Le lendemain, elle apprend par la police qu’on a retrouvé, non loin de là, une jeune fille morte, sans identité.

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Le guide des sorties de la semaine

L’Odyssée, La Fille inconnue, Captain Fantastic...

Le film sur le terrorisme des frères Dardenne "n’est pas à l’ordre du jour"

Rétropédalage autour du projet annoncé début août par les réalisateurs de La Fille Inconnue.

Critiques

  1. Première
    par Christophe Narbonne

    Récompensés à chacune de leur venue à Cannes, les frères Dardenne font partie du cercle fermé des cinéastes "bipalmés" -pour Rosetta et L’Enfant. La passe de trois est-elle possible ? On ne peut évidemment rien affirmer mais La Fille inconnue ne semble pas en mesure de la réaliser. Non pas que le film soit mineur, loin de là, mais cette année, la concurrence est particulièrement vive, s’agissant notamment des thématiques et des figures du cinéma dardennien. Sur le terrain de l’émotion pure, Toni Erdmann n’a pour l’instant pas d’équivalent. Sur celui du social et de l’immersion, American Honey et Ma’ Rosa apparaissent comme des propositions alternatives sérieuses. Quant aux portraits de femmes, la spécialité maison, la sélection en regorge : l’admirable retraitée d’Aquarius, la poignante Julieta, la working girl de Toni Erdmann, toutes rivalisent de complexité et d’ampleur, en attendant les héroïnes de Juste la fin du monde, The Neon Demon ou Elle

    Simplicité biblique
    Jenny Davin exerce son métier de généraliste dans un quartier défavorisé de la banlieue de Liège. Rigoureuse et intègre, elle voit son quotidien bouleversé par la mort violente d’une jeune femme à qui elle n’a pas ouvert sa porte, un soir de fatigue. La jeune femme médecin n’aura alors de cesse de savoir qui était la victime. Le sujet est magnifique : il est question de culpabilité (autre grand thème cannois, cette année), de la façon dont on l’exorcise et dont on la transmet par maladresse ou par accident. Lors de son enquête, Jenny s’abaissera, puis se grandira, transformant ceux dont elle a croisé la route. C’est une trajectoire mystique, pour ne pas dire christique, que propose La Fille inconnue, film doux et brutal à la fois, simple et complexe, nouvelle plongée mystérieuse dans la psyché féminine que les Dardenne explorent avec leur savoir-faire habituel. C’est ce "métier" qui semble leur être reproché si l’on s’en fie aux premiers retours cannois. Leur vision nous semble cependant moins manichéenne et plus riche que celle d’un Ken Loach, par exemple. Un dernier mot sur Adèle Haenel : l’actrice des Combattants compose admirablement cette Jenny, accablée mais déterminée, digne héritière des Rosetta, Lorna et autres Sandra.