Tout comme son père, le jeune August Sander commence à travailler dans une mine de fer dès l'âge de treize ans. Sur place, il rencontre un photographe professionnel qui suscite son intérêt. En 1892, l'un de ses oncles l'aide à se payer son premier équipement photographique et il aménage sa propre chambre noire. Après quelques années de pratique en tant qu'amateur, August Sander parcourt l'Allemagne en tant que photographe industriel. Très vite, il se fait remarquer : en 1904, il obtient une médaille à l'exposition de Paris... En 1910, August Sander déménage à Cologne et fonde son propre studio. Il entreprend alors un ambitieux projet qu'il intitule « Hommes du XXe siècle ». Véritable chronique réalisée sur un demi-siècle, son ensemble de portraits photographiques dresse le portrait typologique des Allemands de la république de Weimar. Le photographe réalise quarante-cinq portfolios et classe ses clichés en sept groupes selon leur condition sociale : les « paysans », « artisans », « femmes », « catégories socioprofessionnelles », « artistes », « grandes villes » et « autres hommes » (vétérans, clochards..). A sa mort en 1964, le projet reste inachevé. Ce n'est qu'en 1980, qu'une première publication, partielle voit le jour grâce au fils du photographe, Gunther Sander. Dans les années 1920, August Sander se lie d'amitié avec les membres du groupe des artistes progressifs (Franz Wilhelm Seiwert et Heinrich Hoerle...). En 1927, il voyage pendant trois mois en Sardaigne avec l'auteur Ludwig Marthar ; il a l'intention de sortir un livre (mais celui-ci ne voit pas le jour). A la fin de la décennie, il publie un ensemble de soixante photographies intitulées Visages de ce temps tiré de son projet « Hommes du XXe siècle ». Dans les années 1930, l'oeuvre d'August Sander est fortement déconsidéré par les nationaux-socialistes ; ceux-ci ne reconnaissent pas, sur les clichés, l'image idéale du peuple aryen qu'ils recherchent. Un certain nombre de ses précédentes photos montrent des vieillards, malades, mendiants... Lorsque son fils Erlich est emprisonné pour appartenance au mouvement des ouvriers socialistes de gauche, son atelier est perquisitionné et ses livres sont saisis. Plus tard, en 1944, un bombardement détruit cinquante mille de ses épreuves. Par chance, les négatifs échappent à la destruction. A la Libération, August Sander se retire à Kuchhausen dans le Westerwald et parvient à continuer son activité photographique. Malheureusement pour lui, environ trente mille négatifs brûlent lors d'un incendie en janvier 1946. Quelques oeuvres majeures : Officiers du rail, 1910, Allemagne Paysanne, 1912, Allemagne The Fighter or Revolutionary, 1912. Jeunes paysans en habits du dimanche, 1913, Allemagne Musiciens, 1918, Allemagne Group e d'enfants, 1920, Allemagne La mère de l'artiste, 1924 Bohémiens, 1925 Anton Räderscheidt, 1927 Pastry Cook, Cologne, 1928 [Illustration : August Sander, Pastry Cook, Cologne, 1928. Gelatin silver print, printed by Gerd Sander, 8 x 10". © 2005 Kathleen Ewing Gallery]
| Genre | Homme |
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