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La saison 2 de l'anthologie de Ryan Murphy arrive en France, et elle mérite évidemment le détour.

Tout juste une semaine après sa conclusion aux Etats-Unis, American Crime Story : The Assassination of Gianni Versace débarque en France. La saison 2 de l'anthologie de Ryan Murphy sera lancée sur Canal + en prime time, ce jeudi soir. Et après avoir vu les 9 épisodes, on peut vous le promettre, vous ne perdrez pas votre temps, en vous plongeant dans cette nouvelle affaire criminelle sordide, qui bouleversa l'Amérique des années 1990.

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PARCE QUE THE PEOPLE V OJ SIMPSON

Deux Golden Globes et neuf Emmy Awards, la première saison d'American Crime Story était certainement la meilleure série de l'année 2016 (déjà diffusée en France sur Canal +). Il aura fallu attendre 2 ans pour que Ryan Murphy réussisse à monter cette saison 2, qui reprend globalement la même recette : une reconstitution minutieuse, une immersion dans l'époque, et un criminel aussi glaçant que fascinant en tête d'affiche. The Assassination of Gianni Versace n'est peut-être pas aussi bluffante, que The People Vs OJ Simpson, mais elle reste du même calibre. Une série de très grande qualité, véritable étendard de l'âge d'or du petit écran, designée comme une oeuvre haute-couture, avec ses décors grandioses et sa mise en scène luxueuse.

PARCE QUE DARREN CRISS

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Même si cette saison porte le nom du malheureux designer italien assassiné, ce n'est pas Gianni Versace qui est au centre de l'histoire, mais bien son meurtrier, Andrew Cunanan. Et il faut ici saluer le job réalisé par l'ancien petit chanteur étriqué de Glee. Darren Criss, présent dans chaque plan ou presque, a donné vie à un personnage plus grand que nature, un psychopathe insaisissable, aussi inquiétant qu'attachant, aussi abjecte qu'ensorcelant.

PARCE QUE LES TUEURS EN SÉRIE FASCINENT

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Au fil des 9 épisodes, Ryan Murphy s'attache moins à raconter l'exécution froide et ignoble de Versace, qu'à montrer comment Cunanan est devenu ce tueur fou. Utilisant une narration astucieuse, il remonte le temps, depuis ce fameux 15 juillet 1997 sous le soleil de Miami, jusqu'à son enfance improbable à San Diego, guidée par un père à la fois loser et mégalo, en passant évidemment par les quatre autres meurtres, qui ont marqué le parcours sanglant du garçon. On comprend petit à petit ce qui a pu l'entraîner dans une telle spirale meurtrière. Et on est presque gêné à l'idée de compatir avec sa souffrance. Toute la profondeur incommodante d'American Crime Story est là : peut-on / doit-on justifier ou expliquer les actes d'un tueur en série ?

PARCE QUE LA QUESTION DE L'HOMOPHOBIE

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Si la saison 1 d'American Crime Story était une vraie saga criminelle et judiciaire, cette saison 2 porte en elle un message beaucoup plus social, sociétal même. Tout au long de la vie d'Andrew Cunanan, il est question d'homophobie. Celle de la société américaine, latente, insidieuse. En sous-texte, il y a cette idée de homosexualité vécue comme une honte (le père du meurtrier n'a jamais voulu admettre que son fils était gay), qui aura de terribles conséquences dans le développement personnel d'Andrew Cunanan. Un thème cher à Ryan Murphy.

PARCE QUE C'EST TELLEMENT GLAMOUR

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Finalement, cette saison 2 d'American Crime Story s'épanouit aussi à travers une atmosphère glamoureusement macabre. The Assassination of Gianni Versace se couvre de paillettes, avec son casting en or massif. Penelope Cruz (Donatella) et Edgar Ramirez (Gianni) campent avec exaltation ces deux légendes excentriques de la mode. Et Ricky Martin crève l'écran, en figure tragique, qui a tout perdu en même temps que l'amour de sa vie.

American Crime Story : The Assassination of Gianni Versace, saison 1 en 9 épisodes, sur Canal +, à raison de deux épisodes par semaine, dès le 29 mars 2018.