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Star de films comme Papy fait de la résistance ou L'été en pente douce, la fille de Bernadette Lafont a été retrouvée morte en 1988.

Elle avait tout : le talent, la beauté, la sensualité.
Véritable Marilyn française, aussi légère que profonde, aussi évanescente que belle, Pauline Lafont aura irradié le cinéma français des années 80 avant de mourir brutalement à l'âge de 25 ans, après que sa disparition ait tenu en haleine toute la France lors de l'été 1988.

Le 6 avril 1963 à Nîmes, l'actrice française Bernadette Lafont donne naissance à Pauline, dont le père est le sculpteur hongrois Diourka Medveczky.
La jeune femme qui grandit dans un milieu artistique se tourne rapidement vers l'art dramatique et la comédie.
Très à l'aise avec son corps, la pulpeuse jeune femme posera d'ailleurs plusieurs fois pour le magazine Lui, et notamment en octobre 1979, à l'âge de 16 ans en compagnie de sa mère et de sa soeur Elisabeth.

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Enfant de la balle, habituée des plateaux de cinéma depuis la fin des années 70, Pauline enchaîne naturellement les films dans les années 80.
On la voit ainsi, l'année de ses 20 ans, tourner dans pas moins de quatre films dont Papy fait de la résistance, aux côtés de toutes les stars du cinéma français de l'époque - de Michel Galabru à Christian Clavier, en passant par Gérard Jugnot, Jacqueline Maillan ou Jacques Villeret.

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Egalement présente sur le petit écran, elle est au début des années 80 l'atout sexy récurrent de la série humoristique Merci Bernard, et se dévoile dans le générique de l'émission Sex Machine pendant trois saisons.

L'année suivante, en 1984, elle tourne L'amour braque de Andrzej Zulawski, Poulet au Vinaigre de Claude Chabrol, et Le Pactole de Jean-Pierre Mocky.

Après trois nouveaux films l'année suivante, elle trouve le rôle de sa jeune carrière.
A 24 ans, Gérard Krawczyk lui offre en effet le rôle de Lilas, une indécente lolita délurée et sensuelle dans L'été en pente douce, aux côtés de Jean-Pierre Bacri, Jacques Villeret, Jean Bouise et Guy Marchand.

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Sorti au printemps 1987, L'été en pente douce restera comme le film le plus emblématique de Pauline, totalement incandescente dans le rôle de cette fille sensuelle et accessible, dont l'image en débardeur rose en hante encore beaucoup.

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Sa carrière est définitivement lancée, son avenir semble très prometteur.

Eté 1988.
Pauline décide de passer quelques jours de vacances dans la maison familiale qui se trouve dans les Cévennes.
Ils sont plusieurs membres à se retrouver cet été-là dans la demeure de Saint-André-de-Valborgne, dans le Gard.
Le 11 août, Pauline se lève, enfile son survêtement, et annonce qu'elle va faire un tour. "Peu avant que je me lève, Pauline est partie se balader dans les Cévennes, comme ça, sans rien emporter. Elle a juste dit "je vais me balader", et voilà", déclarera sa mère, Bernadette, quelques jours plus tard. Car Pauline ne reviendra pas. Sa mère confiera : "La dernière fois que je l'ai vue, c'était la veille de son départ. Elle est venue m'embrasser dans ma chambre avec un merveilleux sourire en me disant : "Bonsoir Maman"."
Dès sa disparition remarquée, d'énormes moyens sont mis en oeuvre par la préfecture, des centaines d'hommes, accompagnés de chiens, explorent les grandes étendues des Cévennes. Les recherches s'étendent à plusieurs kilomètres autour de la propriété familiale, des hélicoptères survolent la région à la recherche de Pauline qui ne donne plus signe de vie deppuis plusieurs jours. En vain.

Les médias s'emparent alors du sujet. Tel un feuilleton quotidien, ils rapportent chaque jour les derniers éléments des recherches, toujours infructueuses. Les investigations n'aboutissant pas, les enquêteurs penchent alors pour la thèse d'une fugue et travaillent dans ce sens, interrogeant tout l'entourage de la jeune actrice, voyant passer dans leurs locaux plus d'une centaine de personnes.
Des témoignages dresseent alors le portrait d'une fille hyper-sensible, très émotive, qui passe facilement d'un extrême à l'autre, ou celui d'une jeune femme angoissée, minée par une rupture récente, alors que d'autres au contraire mettent en avant sa joie de vivre.
L'enquête fait du sur place et cette disparition inexpliquée tient en haleine la France pendant tout l'été 1988.
La saison estivale s'achève et Pauline n'a toujours pas été retrouvée. L'automne arrive.

S'accrochant toujours à l'espoir d'une disparition volontaire - d'autant que les médias et certains témoignages vont dans ce sens -, Bernadette Lafont ne baissera jamais les bras durant cette période et participera grandement aux recherches, allant jusqu'à Lausanne où Pauline avait prévu par contrat de longue date de venir inaugurer une discothèque.
Mais sa fille ne pointera pas plus le bout de son nez dans la ville helvète.

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La terrible nouvelle tombe le 21 novembre.
Le corps de Pauline Lafont est retrouvé par hasard au pied d'une falaise à Gabriac, dans la Lozère, à quatre kilomètres de la maison familiale.
C'est un agriculteur du coin, venu couper du bois dans ce coin reculé et isolé de la région, qui a trouvé le corps de l'actrice, qui portarit toujours le survêtement qu'elle arborait en quittant la demeure familiale quelques trois mois plus tôt.
La jeune femme de 25 ans semble être tombée d'un à-pic brousailleux d'une dizaine de mètres, son corps compte plusieurs fractures - notamment ses deux fémurs -, et sans aide, elle a succombé à ses blessures. 
Sa mère, anéantie et inconsolable, se noiera dans le travail, et la France restera longtemps choquée par cette dramatique histoire.

Pauline Lafont a été inhumée dans la demeure familiale à Saint-André-de-Valborgne, dans le Gard.

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