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Loin de profiter du succès de Gone Girl qui lui a valu une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice, Rosamund Pike n’a pas enchaîné les rôles de premier plan. Et ce pour une raison bien précise…

Aperçue dans les films Orgueil et préjugés, We Want Sex Equality ou encore La Colère des titans et Jack Reacher, Rosamund Pike a atteint la consécration au cinéma grâce à Gone Girl de David Fincher. Beauté hitchcockienne dans ce thriller psychologique rassemblant également Ben Affleck, Neil Patrick Harris et Emily Ratajkowski, la comédienne a eu les honneurs d’une nomination aux Oscars 2015 dans la catégorie meilleure actrice. Et ce n’est pas tout puisqu’elle était également nommée, la même année, dans la catégorie meilleure actrice dans un drame aux Golden Globes, BAFTA Awards et Screen Actors Guild Awards. De quoi la propulser dans le clan des nouvelles égéries hollywoodiennes.

Et pourtant. Loin de devenir l’actrice incontournable du moment, Rosamund Pike n’a pas enchaîné les projets, contrairement à ce qu’on aurait pu penser. "A partir du moment où vous intriguez David Fincher, tout le monde se met soudain à vous trouver très intrigante", confie-t-elle pourtant dans le Première n°483 du mois de mars 2018 (encore disponible ici en vente). Mais loin de profiter de l’effet "David Fincher", elle a choisi une autre voie, celle de la maternité. "J’ai fait ce que la plupart des actrices ne feraient pour rien au monde : alors que je venais d’être nommée aux Oscars et que l’industrie me déroulait le tapis rouge, j’ai pris une année sabbatique pour faire un enfant. Ça n’avait de sens pour personne, sinon pour moi", explique-t-elle d’ailleurs dans les colonnes de notre magazine. Déjà mère d’un garçon baptisé Solo qui est né en 2012, Rosamund Pike donne ainsi naissance en décembre 2014 à Atom, son deuxième fils.

Un personnage qui lui colle à la peau

Son année sabbatique n’est pas le seul élément expliquant la rareté de l’actrice dans les salles obscures. Si le rôle d’Amy Elliott Dunne lui a permis d’avoir la reconnaissance du métier, il l’a également handicapée pour la suite de sa carrière. Difficile de se défaire de l’image de beauté froide donnée par Gone Girl. "J’ai l’impression d’avoir fait le tour de ce qu’il y a d’hitchcockien en moi", confie dans Première la comédienne qui a d’ailleurs joué au début de sa carrière dans une pièce nommée Hitchcock Blonde. Quelques années plus tôt, elle avait déjà eu du mal à faire oublier son statut de James Bond Girl, femme fatale, de Meurs un autre jour. "J’étais jeune, tout le monde me confondait avec mon personnage", explique-t-elle ainsi.

Longtemps simple faire-valoir d’acteurs masculins, Rosamund Pike a pris son mal en patience avant de décrocher enfin des rôles plus intéressants, notamment dans Hostiles. Dans ce long-métrage de Scott Cooper sorti en mars 2018, elle incarne Rosalie Quaid, une femme qui est la seule rescapée de sa famille massacrée par les Comanches. L’année 2018 est sans nul doute celle de son retour en forme dans les salles obscures. En avril dernier, elle jouait l’une des preneuses d’otages dans Otages à Entebbe de José Padilha. Les cinéphiles la retrouveront également le 30 mai prochain au cinéma dans Opération Beyrouth réalisé par Brad Anderson où elle joue un agent du CIA qui aide un ancien diplomate à négocier contre des terroristes qui ont pris en otage un autre agent américain. Et ce n’est que le début. "Pas d’inquiétude, les grands rôles arrivent", affirme la comédienne qui jouera Marie Colvine, la journaliste de guerre décédée en 2014, dans A Private War de Matthew Heineman attendu fin 2018. Elle incarnera également Marie Curie dans Radioactive de Marjane Satrapi qui devrait sortir en 2019.