GALERIE
Carlotta Films / Svensk Filmindustri (S.F.)

La légendaire actrice suédoise s’est éteinte le 14 avril à Stockholm. Elle avait 83 ans.

Née Berit Elisabeth Andersson le 11 novembre 1935, Bibi Andersson a rencontré son mentor Ingmar Bergman à 15 ans : elle tournait sous sa direction des publicités pour une marque de savon suédois ! Le maître la fera mousser un peu plus en 1955 en lui offrant un petit rôle dans Sourires d’une nuit d’été, puis un plus gros, à peine deux ans plus tard, dans Le Septième Sceau. La carrière de Bibi est véritablement lancée avec Les fraises sauvages -qui sort dans la foulée du Septième Sceau- où elle interprète deux personnages lumineux issus des rêveries amères d’un vieux misanthrope. Au Festival de Cannes 1958, c’est la consécration : avec ses partenaires féminines d’Au seuil de la vie, nouveau film du stakhanoviste Bergman où elle incarne une fille-mère décidée, elle reçoit un prix d’interprétation collectif.

Au cours des années 60, Bibi se partage entre Bergman et des cinéastes suédois moins côtés. Elle doit néanmoins à Vilgot Sjöman un deuxième prix d’interprétation prestigieux, obtenu au Festival de Berlin 1963 pour La Maîtresse où elle donne la réplique à Max Von Sydow. Le meilleur est à venir. En 1966, Bergman confronte Bibi Andersson à sa nouvelle muse, Liv Ullman, dans Persona, film mental labyrinthique dans lequel les deux actrices fusionnent littéralement à l’image. C’est l’acmé de la carrière de Bibi Andersson qui a entamé la même année une carrière internationale peu convaincante, qui la fera tout de même côtoyer John Huston (La lettre du Kremlin), Robert Altman (Quintet) ou Gabriel Axel (Le Festin de Babette).

Des grandes actrices bergmaniennes, il ne reste donc plus que Harriett Andersson (aucun lien de parenté avec Bibi ; l’actrice de Monika a 87 ans) et Liv Ullmann (80 ans). Bibi Andersson a quant à elle rejoint Ingrid Thulin, décédée en 2004, et leur mentor à toutes, Ingman Bergman, disparu en 2007.

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