Les Animaux fantastiques, Pottermore, The Cursed Child… Le point sur l’univers étendu de J. K. Rowling

L’univers étendu J. K. Rowling

"Harry Potter, c’est fini", jure J.K. Rowling. Pourtant son monde magique s’étend toujours au théâtre, au cinéma et en librairie.

Mise à jour du 20 juillet 2017 : L'univers de Harry Potter s'étend encore davantage avec la parution prochaine de deux livres inédits consacrés à l'histoire de la magie (les premiers détails sont ici). L'an dernier, avant la sortie des Animaux fantastiques, Première avait consacré sa une au spin-off/préquel de la saga, et nous avions alors analysé l'évolution perpétuelle du monde magique imaginé par J. K. Rowling. Un article toujours autant d'actualité au moment où la saga littéraire fête ses 20 ans et que le tournage de Fantastic Beasts 2 a commencé.

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Actualité du 7 septembre 2016 : "Non (cette pièce n’est pas le point de départ d’une nouvelle saga, ndlr), assurait J. K. Rowling lors de la première générale de Harry Potter and the Cursed Child à Londres le mois dernierDans ces deux histoires, Harry traverse une aventure importante, encore une fois, mais je crois bien que ce sera la dernière. Place à la nouvelle génération, vous voyez ? Je suis ravie de voir qu’elle est extrêmement bien reçue, mais Harry, c’est fini."  Vraiment ? Alors que la créatrice des aventures du sorcier à lunettes promet qu’elle en a fini avec son personnage culte, l’univers qu’elle a créé semble cependant ne s’être jamais mieux porté. 

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Après 7 livres, 8 blockbusters, une dizaine de jeux vidéo et trois parcs d’attraction, celui-ci est en cours d’extension sur internet, via le site Pottermore dont certaines histoires sont vendues en e-books depuis hier, grâce à la pièce de théâtre dont l’intrigue se déroule 19 ans après la fin des aventures de Harry, et bien sûr à travers la nouvelle trilogie en cours de production au sein de la Warner Bros., Les Animaux Fantastiques. Le premier volet de ce projet ambitieux sortira le 16 novembre prochain et juste avant cela, son scénario, pour la première fois écrit par J.K. Rowling sans passer par la case "roman" sera proposé en librairie. Pour ne pas s’y perdre, Première vous propose de faire le point sur ce "monde magique" en perpétuelle évolution, en parallèle de la parution du 473e numéro du magazine. Norbert Dragonneau, le nouveau héros de cet univers, qui est joué par le talentueux Eddie Redmayne, est en couverture, et le dossier principal s’intéresse à la place exceptionnelle que son auteur a su acquérir à Hollywood.

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Aux origines du "Wizarding World of Harry Potter"
Pour bien comprendre comment l’univers de sorcellerie imaginé par l’écrivain est en train de dépasser son héros d’origine, il faut revenir au point de départ de la saga. Le 27 juin 1997, soit il y a près de 20 ans déjà, sortait le premier tome, Harry Potter à l’école des Sorciers, écrit dans l’optique de démarrer une franchise littéraire pour enfants et adolescents. Son succès étant grandissant, la Warner Bros. achète ses droits d’adaptation peu de temps après et en 2000, alors que seuls trois épisodes ont été publiés, la première adaptation entre en tournage avec Daniel RadcliffeEmma Watson et Rupert Grint dans les rôles principaux, entourés d’acteurs britanniques de renom pour incarner les adultes, qu’ils soient professeurs, sorciers ou moldus. Le film de Chris Columbus sort sur les écrans en novembre 2001 et connaît un énorme succès : fort de 974 millions de dollars de recettes dans le monde, il s’agit du deuxième plus gros carton de la franchise cinématographique après l’ultime opus, qui a franchi le milliard en 2011.

La saga de romans s’arrête durant l’été 2007 avec la parution du septième tome, Les Reliques de la Mort… du moins jusqu’à l’écriture de sa suite The Cursed Child. Enfin, la coécriture avec John Tiffany et le metteur en scène Jack Thorne, plutôt. Destinée à être jouée au théâtre, la pièce met surtout en scène les enfants de Harry, Ron, Drago etc, le héros s'effaçant pour laisser sa place à une nouvelle génération. Au cinéma, les sept livres ont inspiré huit films, sortis en novembre 2010 et juillet 2011. A ce moment-là, le succès est depuis longtemps transformé en phénomène planétaire et au final, la saga littéraire a été vendue à plus de 450 millions d’exemplaires dans le monde et celle sur grand écran a cumulé plus de 7,7 milliards de dollars de recettes.

En cours de route, de nombreux produits dérivés ont logiquement vu le jour : des tenues de sorciers aux couleurs des écoles de Poudlard ("Gryffondor", "Pouffsoufle" etc.) aux bonbons de Bertie Crochue en passant par les posters, DVD, jeux-vidéo (il en existe une dizaine, sur tous les supports possibles, proposés en général en parallèle des sorties ciné, puis des hors-série "Wonderbooks" à partir de 2012) etc. Et qui dit phénomène mondial dit moyens exceptionnels : Harry Potter a même été décliné en plusieurs parcs d’attraction, les "Wizarding Worlds of Harry Potter", ouverts à Orlando et Los Angeles, aux Etats-Unis, et  à Osaka, au Japon. Sans compter qu’une partie des studios de tournage anglais de la Warner Bros. a été transformée en musée pour accueillir les nombreux fans de passage en Grande Bretagne. Bref, s’il est étendu dans la fiction, l’univers magique est également très important objectivement parlant.

La transformation en "Wizarding World of J. K. Rowling"
L’auteure de Harry Potter a toujours supervisé l’évolution de son histoire, notamment en ayant un droit de regard sur le casting des films et même sur le choix des réalisateurs. Elle a également su impliquer ses lecteurs, puis les spectateurs, et c’est sans doute principalement grâce à cela que sa saga parvient à rivaliser avec les grands succès hollywoodiens actuels (Le Seigneur des Anneaux, Star Wars, les adaptations de comics…) : son monde magique est en perpétuelle évolution. Dès 1998, "La Gazette du Sorcier" était ainsi mise en ligne sur le web. En 2011, J. K. reprend l’idée en la développant via Pottermore, un site participatif où les internautes peuvent poser des questions, poster des histoires inspirées par l’univers et découvrir des récits inédits postés par Rowling. Des nouvelles, principalement, mais aussi des dessins originaux, qui sont partagés au compte-goutte sur la plateforme. Dans sa vidéo de présentation, J.K. insiste sur le côté "unique" de l’expérience, et sur l’importance de l’implication du public : "C’est la même histoire, mais avec quelques ajouts cruciaux. Le plus important ? C’est vous. (…) L’idée, c’est de partager de histoire, de participer à cette expérience tous ensemble".

Le saviez-vous ? J. K. Rowling est aussi une dessinatrice talentueuse

Sur le site, J.K. Rowling partage donc de nouvelles histoires avant qu’elles ne soient proposées en e-books. Intitulés "Pottermore presents", trois d’entre eux sont proposés à la vente, au prix de 2€99. Cela permet à l’auteur d’étendre son univers en présentant par exemple des écoles de magie encore jamais vues, comme celle d’Illvermorny, en Amérique du Nord, qui semble être importante dans… Les Animaux fantastiques, le spin-off de la série prévu cet hiver au cinéma. Tout est lié.

J.K. Rowling a écrit une nouvelle sur Ilvermorny, l’école américaine de Magie

Avant de participer à Pottermore, en 2001 et 2007, J. K. Rowling défendait déjà l’idée d’un univers en extension en publiant de courts ouvrages liés à Harry Potter mais ne mettant pas vraiment en scène le héros : un bestiaire détaillant les créatures magiques peuplant son monde, Les Animaux Fantastiques, une histoire du sport favori des sorciers, Le Quidditch à travers les âges, et Les Contes de Beedle le Barde, racontés aux enfants dotés de pouvoirs, mais inconnus chez les Moldus. L’argent récolté par la vente de ces petits livres fut alors reversé à des associations caritatives.

J. K. Rowling Dossier Première

Les gros enjeux des Animaux Fantastiques
Parmi tous les projets en cours au cœur du "wizarding world", l’adaptation des Animaux Fantastiques est la plus importante en termes de budget, de création artistique et d’extension de l’univers magique. "Jo n’a qu’un objectif : élargir ce qu’elle appelle son “monde de sorcellerie, explique son réalisateur fétiche David Yates dans Première. C’est un travail qu’elle mène depuis longtemps : explorer ses idées premières, voyager dans les recoins de son univers ; dans tous les sens possibles."

La création des Animaux Fantastiques s’inscrit parfaitement dans cette optique. Plutôt que de raconter le passé d’un personnage important de Harry Potter (Dumbledore ou Sirius Black, par exemple), la nouvelle trilogie du studio s’inspire d’un court bestiaire qui n’est même pas vraiment romancé. Les Animaux Fantastiques, c’est au départ un livre d’école étudié à Poudlard et annoté par Harry, Ron, Hermione et leurs copains. Il est écrit par un magizoologiste influent dans le "wizarding world", mais dont les lecteurs ne savent paradoxalement presque rien. Seulement qu’il a étudié à Poudlard (Pouffsouffle), qu’il est parti à New York dans sa jeunesse durant les années 1920, et qu’il a recensé de nombreuses espèces de créatures magiques pour écrire son livre de référence. Sorte de spin-off et préquel à la fois, la trilogie changera d'époque, de lieu principal et de héros. Impossible ainsi de parler de suite, mais plutôt de prolongation.

L'autre gros enjeu du concept, c'est de présenter pour la première fois aux spectateurs un long métrage qui n'est pas tiré d'un roman. J. K. Rowling est chargée d'écrire les scénarios de cette nouvelle saga (5 longs métrages sont prévus). A deux mois et demi de la sortie du film, le premier est pour l’instant tenu secret (les bandes-annonces en montrent le moins possible tout en jouant avec la nostalgie du public), mais il sera publié peu avant la sortie du premier volet, et on sait que l’auteure a écrit les grandes lignes de ses deux suites depuis quelque temps déjà. Là non plus, elle ne livre pas de détails pour l’instant. Pas même au réalisateur David Yates, qui revient aux commandes après avoir mis en scène quatre volets de Harry Potter, de L’Ordre du Phénix aux Reliques de la Mort – partie 2, ni à son acteur principal, Eddie Redmayne : "J’étais très excité à l’idée de travailler avec J. K. Rowling, nous détaille-t-il. Je pensais qu’elle me donnerait des infos sur le personnage de Norbert, son histoire, son passé. Elle l’a fait mais avec parcimonie. Il était toujours clair qu’elle en savait plus que ce qu’elle me disait."

David Yates réalisera Les Animaux Fantastiques 2

Au fond, c’est ce que J. K. a toujours fait avec ses fans… et ses partenaires. Au moment de tourner les premiers Harry Potter, elle n’avait par exemple pas encore fini d’écrire les livres, mais savait comment elle comptait boucler son histoire et n’a informé qu’un seul acteur de ses intentions concernant son personnage, Alan Rickman, afin qu’il joue Rogue d’une certaine façon dès le début de la saga. Au fil des années et des projets étoffant son univers, l’auteure à l’imagination débordante construit peu à peu un univers très dense et semble toujours avoir un coup d’avance. Surtout, en contrôlant ainsi son œuvre et ses déclinaisons, J. K. Rowling a acquis une place à part à Hollywood. Pour en savoir plus sur ce sujet, rendez-vous dans les kiosques : le 473e numéro de Première, avec en couverture Les Animaux Fantastiques, est disponible aujourd’hui.

La lettre d’adieu d’Alan Rickman à Harry Potter

Bande-annonce du blockbuster qui sortira le 16 novembre au cinéma :

 


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