Le Roi lion (2019)
Capture d'écran/Disney

La mode des dessins animés (Le livre de la jungle, Aladdin, Dumbo) transposés en live ou en mode photo-réaliste est-elle usée ? Pas sûr. Le roi Lion préserve la beauté de l’histoire et nous offre le spectacle majestueux de la nature. Une réussite.

Jon Favreau est aux manettes d’un remake du Roi Lion, dessin animé culte sorti en 1994. L’histoire est la même. La mise en scène reprend les grandes séquences clés dont l’ouverture du film avec le salut à Simba sur la musique d’Elton John. La seule différence est que tout a l’air vrai.

La première question qu’on se pose c’est pourquoi. Pourquoi continuer à refaire des dessins animés iconiques de Walt Disney en mode photo-réaliste ? Alice au pays des merveilles de Burton a ouvert le bal. Le succès était au rendez-vous. Depuis, les remakes se sont enchaînés à un rythme de plus en plus accéléré. Cette année, pas moins de trois de ces films sont sortis : Dumbo en mars, Aladdin en mai et enfin Le Roi Lion en juillet.

Et bien la réponse est certainement dans Le Roi Lion ! Ces films sont bien de nouveaux films d’animation ! Aucun animal n’est réel. Simba, Sfar, Mufasa et Nala sont créés en images de synthèse. Et l’excellence des effets spéciaux (qu’on doit à MPC, la compagnie qui a permis au Livre de la jungle réalisé par le même Jon Favreau de décrocher l’Oscar des effets visuels) est admirable. On est éblouis par la manière dont il parvient à doter les animaux d’émotion. La scène d’ouverture où le couple royal vient présenter son rejeton à l’ensemble des animaux procure des frissons. Disney a créé un nouvel hybride qui pousse l’animation encore plus loin en l’enrichissant d’images documentaires. La prouesse technique mérite d’être saluée.

Jon Favreau toujours là où on ne l'attend pas

Remake ou copie ?

L’autre question c’est pourquoi avoir fait un remake quasiment plan à plan du film ? D’abord seules les séquences-clés sont identiques : l’ouverture- on l’a dit-, le sauvetage de Simba dans les gorges, le feu… Des changements apparaissent imperceptiblement : le rôle de Nala (en VO doublée par Beyoncé Knowles) est étoffé, les échanges comiques entre Pumba et Timon (en VF Alban Ivanov et Jamel Debbouze) sont rallongés et offrent même trois chansons au duo, dont le célèbre Hakuna Matata.

Mais ce qui change réellement c’est la manière dont sont filmés les décors. Cartes postales de la savane dans le dessin animé, les paysages d’Afrique prennent ici vie de manière saisissante. La manière dont Jon Favreau les met en scène donne un nouveau message au film. Dans ce Roi Lion, il n’est plus question seulement d’assumer son héritage, mais surtout de préserver une nature qu’on sait menacée.

VO ou VF ?

Le choix s’annonce complexe. Il faudrait voir les deux pour profiter à la fois de la voix d’or des interprètes américains reprenant les tubes crées par Elton John et Tim Rice. Beyoncé et Donald Glover nous régalent d’un majestueux « Can you feel the love tonight ». Du côté français, Jean Reno reprend à merveille le rôle de Mufasa qu’il tenait dans le dessin animé original. Jamel Debbouze et Alban Ivanov apportent quant à eux un rythme et un humour bienvenus dans les rôles de Timon et Pumba. Et les chansons sont, une fois n’est pas coutume, interprétés par la plupart des voix parlées comme Anne Sila qui joue Nala. Le roi Lion va, à coup sûr, rassembler les générations cet été.