Le Quai des Brumes/Le Jour se lève : Les deux belles réussites du trio Carné/Prévert/Gabin
Ciné Alliance Mondial - Les films Osso/Les Films Vog
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Le Quai des Brumes/Le Jour se lève : Les deux belles réussites du trio Carné/Prévert/Gabin
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Le Jour se lève 

Le Quai des Brumes

Le Jour se lève 

Le Jour se lève 

Ces deux oeuvres majeures de la filmographie de Marcel Carné sont programmées sur France 3.

Depuis lundi, France 3 diffuse durant l'après-midi des classiques du cinéma français. Après La Grande illusion, hier, la chaîne propose aujourd'hui et demain deux autres classiques portés par Jean Gabin, cette fois-ci réalisés par Marcel Carné à partir de scénarios de Jacques Prévert : Le Quai des brumes et Le Jour se lève.

Retour sur la création de ces deux œuvres ambitieuses sorties en 1938 et 1939, dont le succès est difficilement mesurable par les chiffres, puisque le box-office n'avait pas encore été établi (lire les détails dans l'article ci-dessous sur La Grande illusion).

Malgré la censure, Jean Gabin et Jean Renoir ont connu un énorme succès avec La Grande illusion

Le Quai des Brumes

"T'as de beaux yeux, tu sais ?" Cette réplique, dite par Gabin à la jeune Michèle Morgan est l'une des plus célèbres du cinéma français. Elle fut écrite par Jacques Prévert, à qui Marcel Carné avait fait appel suite au succès de Drôle de drame, qu'ils avaient conçu ensemble en 1937, quand il a voulu adapter le roman éponyme de Pierre Mac Orlan publié dix ans plus tôt. L'écrivain aimait beaucoup ce livre et a eu carte blanche pour en tirer cette adaptation libre suivant un déserteur de l'armée coloniale, qui veut quitter la France. Arrivé au port du Havre, il fait la connaissance de Nelly, une jeune femme dont il tombe immédiatement amoureux, mais qui est sous la coupe d'un tuteur qui la terrifie (joué par Michel Simon). Le Quai des brumes échappa à la censure, en 1938, à condition que le mot « déserteur » ne soit jamais prononcé. Il remporta même le Prix Louis Delluc et fut salué par la Mostra de Venise pour sa mise en scène, à sa sortie, avant d'être finalement interdit durant l'Occupation. Lorsqu'il a été reprogrammé dans les cinémas près la guerre, en 1946, il écopa d'une interdiction aux moins de 16 ans, qui fut levée seulement... en 2011.

A présent tous publics, ne manquez pas Le Quai des brumes, œuvre riche et mélancolique, qui marqua également ses comédiens dans l'intimité : quelques mois seulement après son succès, Jean Gabin et Michèle Morgan se retrouvaient sur le film Remorques, de Jean Grémillon (également écrit par Prévert), dans les coulisses duquel ils vécurent une idylle.

Michèle Morgan en cinq films

Le Jour se lève

"Vous avouerez qu'il faut avoir de l'eau dans le gaz et des papillons dans le compteur pour être restée trois ans avec type pareil !" Un an après cette réussite, le trio enchaîne avec Le Jour se lève, où Gabin donne cette fois la réplique à Arletty. L'acteur y joue à nouveau un homme blessé par la vie, qui, désespéré après avoir assassiné un homme, se barricade dans sa chambre, assiégé par la police. Il se remémore alors tous les événements qui l'ont amené à commettre ce crime. La construction du film, principalement en flashbacks, est inédite à l'époque : de l'autre côté de l'Atlantique, Citizen Kane sortira seulement deux ans plus tard.

Le Jour se lève marque le public pour son message social et son humanisme. Lui non plus n'échappe pas à la censure, mais pas pour son sujet : une séquence qui montrait Arletty sortant nue de la douche a été coupée sous le régime de Vichy, et n'a pas été réintégrée au montage lors de sa reprogrammation en 1946. Il a fallu attendre 2014 (!) pour que ces images soient retrouvées, restaurées et ajoutées dans le film.

Une scène censurée du film Le jour se lève refait surface 75 ans plus tard

Jean Gabin, Marcel Carné et Jacques Prévert ont eu d'autres projets en commun par la suite, mais pas tous les trois réunis : le réalisateur a par exemple refait appel au comédien en 1954 pour jouer un entraîneur de boxe dans L'Air de Paris, mais celui-ci était scénarisé par Jacques Sigurd (Les Tricheurs, Le Crime ne paie pas...). Jacques Prévert n'était pas non plus crédité au générique de La Marie du port (sorti en 1950) même s'il a pu retoucher officieusement le script de l'auteur dada Georges Ribemont-Dessaignes. Par la suite, il a bien écrit d'autres œuvres devenues des classiques pour le cinéaste, comme Les Visiteurs du soir et Les Enfants du Paradis, mais Jean Gabin n'était alors plus de la partie.

Le saviez-vous ? Jean Gabin fut le premier président des César