Moi, moche et méchant 2
universal

En 2013, Première a rencontré les créateurs de Moi, moche et méchant 2.

A l'occasion de la programmation de Moi, moche et méchant 2, ce week-end sur la première chaîne, retour en 2013 ! Comment le virage du personnage principal a-t-il été négocié sans le dénaturer ? Réponse avec l’aide des réalisateurs, Pierre Coffin et Chris Renaud.
Propos recueillis par Elodie Bardinet (@Eb_prem)

Superbad, Superdad
En 2010, on avait laissé le grand méchant Gru en pleine mutation : l’apprentissage de la paternité l’avait fait dévier de son chemin malfaisant. Dans Moi, moche et méchant 2, on le retrouve épanoui dans son rôle de père, reconverti dans les confitures. Mais lorsqu’arrive un vilain aux ambitions démesurées, sa nature peut vite reprendre le dessus… Sans compter que l’exubérance de Lucy Wilde (Audrey Lamy), un agent secret survolté avec qui il doit faire équipe, ne cesse de chambouler la "vie normale" que le héros doublé par Gad Elmaleh (et Steve Carell en VO) tentait d’installer.Tout au long du film, Gru est sur le fil, pouvant basculer à tout moment du côté obscur, mais résistant, parfois à grand peine, à la facilité d'une mauvaise action pour le bien de sa famille... quitte à verser dans l’excès inverse et se montrer trop gentil. En revanche, il surréagit lorsque sa fille aînée craque pour le fils charmeur d'un restaurateur et prend un malin plaisir à ruiner leurs rendez-vous en amoureux.

"Même s’il ne rêve plus d’être le plus grand méchant de tous les temps, il était important qu’il reste lui-même, justifie le coréalisateur Chris Renaud. Il ne pouvait pas, du jour au lendemain, être gentil avec ses voisins et rouler en voiture écolo. Cela aurait été idiot. Il devait rester ‘bigger than life’ ". Son coéquipier Pierre Coffin confirme : "Voir Gru devenir 100% gentil dans le deuxième opus, cela aurait été une erreur. On a envie de faire évoluer les personnages, mais pas de les changer radicalement. C'est comme si d'un seul coup Gaston Lagaffe se mettait à travailler !"

Résultat, quand El Macho (Eric Cantona), le grand vilain du film, (re)fait surface, le héros le considère comme un rival contre qui il doit se mesurer et non comme un ennemi à affronter pour le bien de l'humanité. Sa nature de "Mâle" reprend le dessus.

Moi, moche et méchant : "Gru est un vrai faux méchant comme on n’en fait plus" (Critique)

Multiplication de Minions
La question du bien et du mal est donc au centre du film d'animation, mais elle bascule de manière inattendue vers d’autres personnages : les Minions. Impossible de parler de cette suite sans aborder ces petites créatures jaunes aux idées farfelues, qui sont pour beaucoup dans le succès du premier volet et sont donc logiquement encore plus présentes dans cette suite. Si le film prépare clairement le terrain pour le spin-off qui leur sera consacré - le générique de fin met en scène le casting des futurs héros de Minions le film -, leur multiplication à l’écran est parfaitement justifiée dans l’intrigue de Moi, moche et méchant 2. Coffin et Renaud ont trouvé une excellente excuse pour multiplier les créatures jaunes à l’écran : c'est en effet en les retournant contre Gru que le grand vilain de cette suite va tenter d'imposer sa puissance. Au moment où l'antihéros que l'on connaît tous devient gentil... ce sont ses créatures qui se mettent à faire le mal. La version lobotomisée des Minions, avec leurs dents de travers, leur peau violette et leurs yeux exorbités, permet d’aller encore plus loin dans l’absurde et de tirer toujours plus de leur potentiel comique.

Un penchant pour l’incongru qui est par ailleurs exploité par des séquences chantées et dansées, une des grandes réussites du film - ça valait le coup de les doubler de 35 manières différentes ! -, qui l’emmènent dans des territoires totalement extravagants jusqu’à un final grandiose parodiant les Village People…Dès le tout début de la promotion du film, c’était d’ailleurs cet aspect qui était mis en avant : plus fun que le premier volet, Moi, moche et méchant 2 ne perd donc pas pour autant de vue l'évolution de son héros, même si les mésaventures déjantées des Minions prennent parfois le dessus. Parfaitement dans la veine du succès de 2010, cette suite rythmée multiplie les gadgets et les personnages, mais ne sombre pas pour autant dans la facilité. Elle s'adresse aussi bien aux enfants - via les inventions originales, le côté régressif des Minions etc - qu'aux parents, les références étant multiples et variées, d'Indiana Jones à Frankenstein en passant par la célèbre photo d'ouvriers new-yorkais.

 

Trop de gros mots dans Moi, moche et méchant 2 ? Le langage des Minions a été modifié

Bande-annonce du film d'animation pour toute la famille, en attendant sa rediffusion dimanche soir sur TF1 :