En 1999, Brad Pitt et Edward Norton osaient parler de Fight Club dans Première

Fight Club

Même David Fincher brisait la première règle du Fight Club.

En novembre 1999, Jean-Yves Katelan terminait sa critique de Fight Club par ces mots : "Fight Club se voit deux fois". Ça tombe bien : le film de David Fincher ressort cette semaine en France. Une reprise proposée dans peu de salles, mais qui marque une bonne occasion de replonger dans les archives de Première. A l’époque, la rédaction avait divisé les différentes infos sur le long métrage sur deux numéros, tous accompagnés de posters de Brad Pitt, qui était déjà une star très populaire.

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Octobre 1999, Brad Pitt et Edward Norton sont en couverture du magazine n°271 avec cette accroche coup de poing "Fight Club dans ta gueule". Interviewés en duo par Johanna Schneller, ils s’amusent d’abord à ne pas parler du Fight Club, respectant ainsi les règles du film. "Il y a des trucs, explique Norton, quand vous mettez un nom dessus, quand vous entrez dans un processus de réduction, vous vous plantez, et vous savez que vous vous êtes plantés. C’est le cas avec Fight Club. Tout ce qu’on pourra dire sera trop mièvre."
Allez, un petit effort. Il y a pourtant des tas de choses à dire sur cette adaptation du pamphlet anticapitaliste de Chuck Palahniuk"Ça sera pris dans le filet de la bonne morale, analyse plus tard Brad Pitt. On va se faire assassiner. La semaine où Se7en est sorti, Kathie Lee Gifford (animatrice d’un talk-show matinal) a dit à ses téléspectatrices : ‘C’est un impératif moral que d’éviter ce film.’ Si on n’a pas le même genre de réaction sur ce film, c’est qu’on s’est plantés quelque part. "

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La star ne croyait pas si bien dire. A sa sortie, tout -et n’importe quoi- a été dit sur Fight Club. Film facho, film incitant à l’anarchisme… Un mois plus tard (n°272 avec Milla Jovovich en une pour Jeanne d’Arc), l’auteur de la critique de Première jouera avec brio sur les contradictions du projet : "Fight Club est un film ouvertement homo. Fight Club n'a rien d'un film homo. Fight Club est un film facho. Fight Club est un film libertaire. Fight Club se termine mal. Fight Club se termine bien" Il écrit aussi : "Chuck Palahniuk a trouvé dans l’adaptation de Jim Uhls, la caméra de Fincher et l’énergie de Pitt et Norton, une pugnacité égale à la virulence sans scrupules avec laquelle il trashe notre société gâtée pourrie. Sans pour autant sombrer dans un idéalisme rassurant. Ça ne décoiffe pas, ça rase les crânes. Ça fait peur et ça fait du bien. Ça fait mal et ça écoeure. Après un tel spectacle, on comprend mieux pourquoi l’espèce humaine a inventé la camomille. Pour finalement devenir camomille elle-même. Et on nique la camomille… avant de s’en resservir un plein bol."

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Au sein du même numéro, David Fincher défend vertement son film et sa violence auprès de Gilles Verdiani. "Ce qui me préoccupe beaucoup, ce sont les ramifications psychiques de la violence. (Silence) Mais détruire des immeubles, franchement… Ca me ferait de la peine si ça arrivait à Venise, mais à Los Angeles, je ne crois pas que ça m’attristerait. (…) Entre 20 et 30 ans, tu fais des choses que tes parents t’ont formellement interdites, tu prends des risques. Je serais choqué si quelqu’un prenait le film comme une recette ou un appel aux armes. Mais j’ai assez confiance dans la capacité des gens à comprendre l’ironie."

Fight Club

Même s’il est considéré comme un semi flop (il a rapporté seulement 37 millions de dollars aux Etats-Unis pour 63 de budget, mais a fini par franchir les 100 millions grâce à ses recettes à l’étranger), Fight Club est peu à peu devenu un film marquant pour toute une génération (Norton et Fincher expliquaient d’ailleurs se reconnaître énormément dans le héros du livre). Au fil des interviews, ses acteurs ont décrypté son style si particulier et sa mise en scène virtuose, insistant notamment sur l’importance des scènes subliminales et des moindres détails. Fincher est célèbre pour son perfectionnisme. Sur Fight Club, il a par exemple tourné des dizaines de prises pour simplement montrer un savon dérapant sur une assiette en argent. "Coupez ! Trop à gauche !", "Coupez ! Ça dégouline trop !", "Coupez ! Maintenant, c’est trop sec !" De quoi rendre l’équipe folle ? Le duo s’amuse au contraire à propos de la scène de l’accident de voiture, filmée plusieurs fois "en vrai" dans un véhicule monté sur une sorte de tourne-broche afin de multiplier les tonneaux. Mais Helena Bonham-Carter reconnaît que certains passages étaient difficiles à force d’être joués et rejoués, notamment une scène de sexe partagée avec Brad Pitt, qui a demandé 12h de prises de vue à cause de multiples angles de caméra. "Je n’avais jamais participé à une séquence aussi technique que celle-là. Aussi bizarre. Frustrante également : passer douze heures sous Brad Pitt sans pouvoir en profiter…"

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A ce propos, le comédien avouait avoir en grande partie accepté le rôle de Tyler Durden pour pouvoir égratigner son statut d’icône sexy : "Je crois que mon ‘bagage’ a fonctionné pour Fight Club. En l’état actuel des choses, vous pensez que vous pouvez entrer dans une épicerie et que vous saurez dans quel rayon me trouver. C’est ça que je ressens à Hollywood. Avec ce film, je pervertis cette attente. Il y a de la liberté là-dedans."

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Près de 18 ans après sa sortie, Fight Club est toujours aussi fascinant. A revoir en ce moment sur grand écran. Synopsis : "Le narrateur, sans identité précise, vit seul, travaille seul, dort seul, mange seul ses plateaux-repas pour une personne comme beaucoup d'autres personnes seules qui connaissent la misère humaine, morale et sexuelle. C'est pourquoi il va devenir membre du Fight club, un lieu clandestin ou il va pouvoir retrouver sa virilité, l'échange et la communication. Ce club est dirigé par Tyler Durden, une sorte d'anarchiste entre gourou et philosophe qui prêche l'amour de son prochain."

Bande-annonce :

 

 

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