Christopher Lee : le grand héros maléfique

Christopher Lee : le grand héros maléfique

Réputé pour ses rôles de Dracula, Saruman et Conte Dooku, Christopher Lee s’est toujours agacé de son statut de « star de l’horreur », et il le répétait encore récemment. Ce n’est pas tellement une question de réputation que d’appellation. Lui qui parlait parfaitement le français, il n’aimait pas les mots « horreur » ou « terreur », et trouvait plus distingué qu’on parle de « théâtre du fantastique ». Il avait été ravi qu’un journaliste français et néanmoins fan qualifie ses personnages de « héros maléfiques ». Il avait trouvé ça superbe, d’autant que l’expression n’avait pas d’équivalent en anglais. Mais il n’a jamais nié l’importance essentielle des films de la Hammer sur sa carrière au milieu des années 50. C’était la première fois que le cinéma utilisait les couleurs avec une telle force symbolique, notamment dans la représentation du sang généreusement versé. Cette période de libération a marqué une génération, et Christopher Lee a été l’une de ses plus stupéfiantes incarnations, avec son ami Peter Cushing (qui a été pour lui un ami irremplaçable). >>> 10 grands rôles de Christopher LeeDans les années 70, Lee a fini par se lasser, pas tellement de Dracula, qui le fascinait, mais de la dégénérescence du genre, et il a cherché à se diversifier avec parfois un certain bonheur : il joue en 72 sous la direction de Billy Wilder La vie secrète de Sherlock Holmes, et surtout, The Wicker Man, un film étrange et puissant sur une communauté de libre penseurs, qu’il considère comme le meilleur film de toute sa carrière. Par la suite, il a poursuivi tant bien que mal ce métier qu’il exerçait par passion, en dépit des margoulins qui le piégeaient dans des productions indignes. Avec le recul, on est frappé par sa stupéfiante longévité, et sa façon de traverser les âges avec sérénité, sachant ce qu’il a vécu : à vingt ans, il a fait la guerre dans les services spéciaux et il en parle très peu, sinon pour dire qu’il a vu assez d’horreurs pour toute une vie. C’est peut-être pour ça qu’il n’aime pas le mot. Lorsque Tim Burton fait appel à lui pour le rôle (très court) du père de Johnny Depp dans Sleepy Hollow, c’est pour rendre hommage à tous les films que Lee a tournés pour la Hammer. Burton faisait avec Lee ce qu’il avait fait dans Edward aux mains d’argent avec Vincent Price, (que Lee connaissait et appréciait) : le cinéaste remboursait une dette à une légende, en même temps qu’il transmettait le flambeau. >>> Ce que vous ne saviez peut-être pas sur Christopher Lee On  avait rencontré Christopher Lee au début des années 2000, à une époque il faisait la promotion d’une série sur 13ème Rue. Il avait 78 ans, mais il était sur le point de connaître un nouveau et spectaculaire rebond dans une carrière pourtant incroyablement prolifique, alors que se profilait la trilogie du Seigneur des Anneaux et deux épisodes de La Guerre des étoiles. C’était suffisant pour faire de lui le héros d’une nouvelle génération de spectateurs qui n’avaient jamais vu ses précédents films. Du même coup, sa notoriété  allait prendre une ampleur inédite. A cette époque, il nous confiait : « Faire l’acteur n’est jamais facile, mais ça ma toujours intéressé, et ça va continuer à m’intéresser, j’espère. Parce que je ne prendrai pas ma retraite. Jamais ». Il a tenu parole. Gérard Delorme

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