Les sorties cinéma du 10 juillet
Europacorp / Eurozoom / The Bookmakers-The Jokers

Ce qu’il faut voir cette semaine.

L’ÉVENEMENT

 

ANNA ★☆☆☆☆

De Luc Besson

L’essentiel
Que vaut le retour de Luc Besson au cinéma d'action ? Un spectacle auto-parodique jusqu'au ridicule.

Le cinéaste signe un remake à peine déguisé de son Nikita et force à chaque fois le trait comme s’il avait peur de ne pas se faire comprendre. Toutes les péripéties s’accumulent sans véritable logique sinon celle d’en mettre plein la vue au spectateur. Quant aux personnages, pantins trop articulés, le film n’essaie même pas de les faire exister. Et ce Anna prend vite l’allure d’un très long clip-vidéo à l’esthétique ringarde n’ayant rien d’autre à offrir que la peau de sa super-héroïne, campée pourtant avec une belle énergie par Sasha Luss.

Thomas Baurez

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PREMIÈRE A ADORÉ

 

LES ENFANTS DE LA MER ★★★★☆

D'Ayumu Watanabe

Pas évident du tout de résumer Les Enfants de la mer : disons, pour faire simple, qu’il s’agit de la découverte par une ado japonaise timide, Ruka, de deux jumeaux capables de vivre en harmonie avec le monde marin… Oh, et puis non, on vous conseille plutôt de vous laisser porter par le flot du film. Son flot et son flow. Son grand spectacle son et lumière. Ça commence comme une chronique ado estivale au bord des vacances comme seuls les Japonais savent en faire (en quelques plans, l’univers de Ruka est caractérisé avec une précision affolante), et puis on s’embarque dans une odyssée…

Sylvestre Picard

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PREMIÈRE A AIMÉ

 

ACUSADA ★★★☆☆

Ce film argentin s’inscrit parfaitement dans la passion voyeuriste de nos sociétés pour les faits divers : désigner les coupables avant que la justice ne fasse son travail, puis refaire les procès à l’infini. Dolorès, l’étudiante au coeur d’Acusada, attend le sien depuis deux ans. Accusée du meurtre de sa meilleure amie, elle prépare sa défense. Le déchaînement médiatique autour de cette affaire met à mal ses relations familiales et amicales. Sans transcender le genre balisé du film de procès, Acusada (porté par Lali Espósito, dont on ne sait jamais ce que cache le visage angélique) évite cependant de se cantonner au seul suspense du verdict. Ici, l’important n’est pas de savoir si Dolorès est coupable ou non, mais de dépeindre ce que ces interminables mois passés avant le verdict ont causé comme dommages irréparables dans les deux camps. Un regard pertinent pour un film sous tension

Thierry Chèze

 

FACE A LA NUIT ★★★☆☆

Un beau polar aux accents mélo qui raconte le destin tragique d’un flic en trois nuits décisives. Pour fans de Wong Kar-Wai en manque.

Grand Prix du dernier festival du film policier de Beaune, Face à la nuit emprunte sa narration à rebours à des oeuvres comme Peppermint CandyMemento ou Irréversible. S’ouvrant sur le suicide d’un homme, en 2049, dans un Taipei du futur ressemblant à un Blade Runner lo-fi, le récit remonte ensuite le fil du temps pour comprendre les raisons de son geste, s’arrêtant sur trois nuits de sa vie, entre futur, présent et passé. Le Taïwanais Ho Wi-Ding dresse le portrait d’un homme hanté par différents moments traumatiques de son existence et élabore un suspense en trois actes, une rumination existentielle interrogeant le poids du destin et la puissance destructrice des regrets. Face à la nuit mêle les genres, convoque aussi bien Les Amants de la nuit que des visions de science-fiction, mais est avant tout un polar grignoté par le mélo, nourri du souvenir des romances néon que fabriquait Wong Kar-Wai dans les années 90. C’est un film romantique, fiévreux,guidé par l’urgence, décrivant un outre-monde qui semble disparaître au lever du jour, un Taipei interlope habité par des flics corrompus, des voyous sensibles et des putes aux yeux tristes. Si le compte à rebours égrené par le récit semble un peu artificiel, trop programmatique pour vraiment toucher, le film séduit pour ses acteurs, son atmosphère, ses décrochages poétiques, ses flashs de violence, et les mille idées de mise en scène qui l’émaillent. On guette le prochain Ho Wi-Ding avec curiosité.

Frédéric Foubert

PREMIÈRE A MOYENNEMENT AIMÉ

 

INNA DE YARD ★★☆☆☆

Ils s’appellent Ken Booth, Cedric Myton, Kiddus I... Légendes du reggae des 60s et des 70s, ils se retrouvent un demi-siècle plus tard pour enregistrer un album collectif sous le nom d’Inna de Yard, dont le triomphe les conduira dans une tournée mondiale passée par l’Olympia le mois dernier. En racontant ces retrouvailles, leurs parcours et leurs échanges avec les membres de la jeune génération qui les accompagnent dans ce projet, Peter Webber (La Jeune Fille à la perle) signe un Buena Vista Social Club à la sauce reggae. Mêmes personnages attachants, mêmes récits de vie où l’histoire de la musique et d’un pays (Cuba chez Wenders, la Jamaïque ici) se mêlent. Mais, en dépit de son charme, il règne un petit côté paresseux dans ce documentaire où Webber peine à apporter un réel plus comme cinéaste, rendant du coup la présence sur grand écran d’Inna de Yard pas foncièrement indispensable.

Thierry Chèze

 

VITA & VIRGINIA ★★☆☆☆

Quatre-vingt-dix ans après avoir inspiré à Virginia Woolf son roman Orlando, l’histoire d’amour entre l’écrivaine et l’aristocrate Vita Sackville-West se retrouve au coeur de ce film de leur compatriote Chanya Button. Une passion entre deux femmes mariées qui fit souffler, non sans dommages collatéraux pour elles, un vent d’émancipation dans l’Angleterre du début du XXe siècle. Ces deux femmes, remarquablement incarnées par Gemma Arterton et Elizabeth Debicki, furent incontestablement des pionnières. Mais en insistant un peu trop sur cet aspect de l’histoire, la réalisatrice manque sa cible : sa façon d’injecter du contemporain un peu punk dans un film d’époque a tout d’une greffe qui ne prend pas. À trop se concentrer sur l’écrin formel de cette passion, elle en délaisse le côté charnel. Et signe un film cérébral, certes très beau, mais qui frôle le contresens.

Thierry Chèze

PREMIÈRE N'A PAS AIMÉ

 

L'OSPITE ★☆☆☆☆

Quatre-vingt-dix ans après avoir inspiré à Virginia Woolf son roman Orlando, l’histoire d’amour entre l’écrivaine et l’aristocrate Vita Sackville-West se retrouve au coeur de ce film de leur compatriote Chanya Button. Une passion entre deux femmes mariées qui fit souffler, non sans dommages collatéraux pour elles, un vent d’émancipation dans l’Angleterre du début du XXe siècle. Ces deux femmes, remarquablement incarnées par Gemma Arterton et Elizabeth Debicki, furent incontestablement des pionnières. Mais en insistant un peu trop sur cet aspect de l’histoire, la réalisatrice manque sa cible : sa façon d’injecter du contemporain un peu punk dans un film d’époque a tout d’une greffe qui ne prend pas. À trop se concentrer sur l’écrin formel de cette passion, elle en délaisse le côté charnel. Et signe un film cérébral, certes très beau, mais qui frôle le contresens.

Thierry Chèze

 

UGLYDOLLS ★☆☆☆☆

Créés en 2001 et sacrés jouets de l’année en 2006, les UglyDolls ont droit à leur premier long métrage en vedette sur grand écran pour fêter leur 18ème anniversaire. Si le studio Illumination  (Moi, moche et méchant) avait été pressenti à la production de ces aventures, c’est finalement Robert Rodriguez qui s’y colle en en co- signant aussi le scénario mais en laissant les commandes de la réalisation à Kelly Asbury (Shrek 2). Ces poupées à la laideur attachante s’y retrouvent propulsées dans le monde de Perfection où leurs congénères doivent toutes obéir aux mêmes critères afin de séduire les enfants qu’on suppose rétifs à toute imperfection. Comme  le récent Manou à l’école des goélands, UglyDolls célèbre la différence en ciblant les tous petits mais en oubliant au passage ce deuxième ou troisième degré qui aurait permis aux adultes de rentrer dans la danse. On reste donc loin, très loin, du sommet toujours incontesté du genre que reste La Grande aventure Lego. Et les chansons (où Kelly Clarkson et Nick Jonas, entre autres, donnent de la voix) qui rythment le récit finissent rapidement par taper sur le système.

Thierry Chèze

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