Une Famille de Bâtards
Prime Video

Mourad Winter s'attaque au film de gangsters à la française autour d'une bande de bras cassés attachants, embarqués dans une étonnante comédie mafieuse vintage.

Il avait déjà bousculé la rom'com' à papa avec L'Amour c'est surcoté en 2025. Avec Une Famille de Bâtards, disponible aujourd'hui sur Prime Video, Mourad Winter s'attaque cette fois à la chronique mafieuse à la française et dynamite le genre avec une énergie aussi foutraque que réjouissante.

Bienvenue Chez Momo, un café sans prétention au cœur de Paname. Le patron vient de se faire descendre par un truand à moto, et ses enfants doivent reprendre l'affaire. Parmi eux, Maurice découvre au même moment que Momo était son père. Petit professeur de technologie sans histoires débarqué de sa province, il monte à la Capitale pour plonger la tête la première dans le grand bain du crime organisé, relançant le business paternel avec l'aide de son demi-frère et de sa demi-sœur.

Prostitution, machines à sous illégales, combines en tous genres... Chez Momo, haut lieu du vice parisien, les magouilles se mêlent aux histoires de cœur tarifées. Petit bistrot de quartier en façade, le rade sert surtout de quartier général à une famille de bras cassés qui tente de jongler entre les dettes, l'héritage du patriarche émigré d'Algérie et la pègre corse, bien décidée à récupérer sa part du grisbi.

Une Famille de Bâtards
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Le cadre est idéal. Et Mourad Winter mise à fond sur l'atmosphère. Il recrée un Paris de 1997 délicieusement vintage, peuplé de figures improbables, de petites frappes bavardes et de répliques qui semblent sortir d'une VHS usée jusqu'à la corde. Une ambiance chaleureuse et conviviale qui donne immédiatement envie de s'installer au comptoir de Chez Momo.

La distribution participe largement à cette réussite. Hakim Jemili et Laura Felpin brillent dans un registre plus en retenue qu'à l'habitude. Il faut dire qu'au milieu de cette fratrie recomposée, Benjamin Tranié prend vite le contrôle de la barraque. Il était le troisième larron de L'Amour c'est surcoté. Cette fois, c'est lui qui se retrouve au centre du game, absolument irrésistible de swag baroque, d'enthousiasme encombrant et de coolitude surannée. Un malfrat improbable - le "Tony Montana de la Foir'Fouille" comme le décrit sa soeur - qui monte en puissance au fil du film et qui prend très vite la mesure du clan familial. Benjamin Tranié possède un charisme hors du commun, littéralement. Une attitude bigger than life qui crève l'écran dans Une Famille de Bâtards. Parfaitement entouré, il est vrai, par des seconds couteaux très affûtés : Kad Merad, en vieux sage du bout du comptoir, et Florence Foresti, en vieille tapineuse survoltée, tapissent le fond du rade et lui confèrent une chaleur réconfortante. On est vraiment bien Chez Momo.

Une Famille de Bâtards
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Certes, le film n'est pas exempt de défauts. Le scénario, notamment, est un peu fragile et tire en longueur. La success story de la fratrie dans le crime organisé parisien peine à tenir debout et repose sur quelques ficelles un peu épaisses. Mourad Winter semble également chercher en permanence le bon ton sans jamais vraiment se décider. Sa farce aux airs des Démons de Jésus hésite entre plusieurs registres et bascule en un clin d'œil vers le polar noir et dramatique. Tout cela ne tient qu'à un fil. L'équilibre est délicat.

Mais Benjamin Tranié réussit miraculeusement à tout faire tenir ensemble. Et au bout du compte, on se laisse volontiers adopter par cette Famille de Bâtards.

Une Famille de Bâtards, de Mourad Winter, à voir sur Prime Video à partir du 12 juin 2026. Durée : 1h45.