"La représentation des actrices plus âgées dans les rôles principaux est tellement disproportionnée par rapport à la proportion de femmes âgées dans le public que ce manque de représentation est, franchement, insultant", interpelle une récente étude.
À Hollywood, un animal en CGI a visiblement plus de chances d’être une star qu’une actrice de plus de 60 ans.
C’est le constat alarmant d’une nouvelle étude britannique sur les tendances de casting dans le cinéma grand public. Selon cette enquête menée sur les 100 films les plus rentables au box-office britannique entre 2023 et 2025 (donc très largement des films hollywoodiens), les chiffres révèlent un déséquilibre de représentation encore très marqué. Il y aurait, selon cette étude diligentée par Age Without Limits, davantage de films avec un animal parlant en rôle principal que de longs-métrages centrés sur une femme de plus de 60 ans !
Pour souligner l'absurdité de cette disrimination par l'âge, l'étude souligne qu'il y a même plus de films portés par des acteurs prénommés Chris, que par une actrice sénior...
L’actrice Emma Thompson réagit en rappelant que les femmes âgées sont largement sous-exploitées à l’écran malgré leur place centrale dans la société :
"Les femmes représentent la moitié de la population, et elles vieillissent. Alors où sont leurs histoires ?", déclare-t-elle. "Plus nous vieillissons, plus nous devenons intéressantes."
Du côté des spécialistes du vieillissement, le constat est tout aussi sévère. Dr Carol Easton OBE, directrice du Centre for Ageing Better, parle d’un déséquilibre presque offensant entre la réalité démographique du public et ce que proposent les studios :
"Il est tout à fait absurde de constater que si peu de films récents mettent en scène une femme âgée dans un rôle principal. Au Royaume-Uni, près d'un spectateur sur cinq a 55 ans ou plus, et cette tranche d'âge dépense des centaines de millions de livres chaque année au cinéma. La représentation des actrices plus âgées dans les rôles principaux est tellement disproportionnée par rapport à la proportion de femmes âgées dans le public que ce manque de représentation est, franchement, insultant."
Même son de cloche chez Harriet Bailiss, co-responsable de la campagne, qui estime que le cinéma participe activement à marginaliser les personnes âgées, et en particulier les femmes.
Et pourtant, quelques exceptions récentes montrent qu’un autre modèle est possible. Parmi les rares films récents à mettre en avant des femmes de plus de 60 ans en rôle principal, on retrouve notamment Allelujah avec Jennifer Saunders, My Big Fat Greek Wedding 3 avec Nia Vardalos, Book Club: The Next Chapter avec Diane Keaton, The Substance avec Demi Moore, ou encore Freaky Friday 2 avec Jamie Lee Curtis.
Mais ces cas restent encore largement minoritaires.







Commentaires