Le réalisateur d’Illusions perdues signe son grand retour au cinéma avec cette fresque historique de 3h sur la collaboration portée par Jean Dujardin et la révélation Nastya Golubeva.
Les Rayons et les ombres s’inspire de l’histoire vraie du journaliste Jean Luchaire (Jean Dujardin), de sa fille, l’actrice Corinne Luchaire (Natsya Golubeva), et d’un diplomate allemand, Otto Abetz, incarné par Auguste Diehl.
Le réalisateur Xavier Giannoli nous a accordés un entretien passionné et passionnant de deux heures et demi, alors qu’il apportait les toutes dernières retouches au film, à retrouver dans le nouveau numéro de Première, disponible en kiosque et sur notre boutique en ligne. Il nous explique notamment pourquoi il voulait raconter cette période sombre, ou plutôt grise de l’histoire de France :
"Tout est parti de la croisée de trois destins : Corinne, son père Jean et Otto Abetz, jetés dans la fosse aux lions d'une époque terrible. Qu'est-ce qu'ils y comprennent, qu'est-ce qu'ils y cherchent, qu'est-ce qu'ils y perdent? Il faut réaliser qu'il n'y a pas la collaboration, mais des collaborations. Le spectre va d'idéologues furieux à des gens simplement lâches. À la base, Luchaire et Otto Abetz ne sont pas des gens infâmes, ce sont des jeunes hommes de l'après-Grande Guerre qui dans les années 30 étaient animés par le pacifisme. Et pourtant, ils vont glisser..."
Au cours de cette discussion sans fard, le cinéaste se livre sur ses obsessions, son rapport avec les festivals et la partie "sociale" du métier, qu’il rejette.
"Parfois, je regarde ces manifestations comme je regarde la Fashion Week : je me dis que ce n'est pas mon monde. C'est probablement une erreur, car cela fait partie du cinéma. Mais je n'y vais pas. J’ai l a chance de pouvoir faire les films que je veux, de trouver des économies cohérentes pour les faire. Je n'ai jamais fait u n film soumis aux règles de l'industrie. Jamais. Je n'ai jamais accepté de produit de commande. Mes films, c'est toute ma vie. Je m'y engouffre de manière presque déraisonnable."
Xavier Giannoli nous parle aussi de son amour pour Scorsese, du choix de Jean Dujardin ("notre icône nationale") et de la naissance d’une étoile, Nastya Golubeva, devant le regard de sa caméra. Ce qui produit un grand moment de cinéma, très meta, quand son personnage, une jeune comédienne, passe justement des essais :
"Elle est miraculeuse, vous ne trouvez pas ? (…) On voyait immédiatement qu'elle avait quelque chose de rare. ne serait-ce que dans son comportement, son silence, dans l'extraordinaire émotion qui passait quand elle vous regardait (…) J'ai rarement été aussi bouleversé dans ma vie de metteur en scène que lorsque j'ai placé la caméra et qu'elle a levé le panneau « Corinne Luchaire".
Vous pourrez également lire notre rencontre avec Nastya Golubeva dans ce dossier de dix pages indispensable pour appréhender le premier grand film français de 2026.
Les Rayons et les ombres sortira au cinéma le 18 mars prochain. Bande-annonce :







Commentaires