Damiens et Lamy
ABACA

Police Flash 80 a mis le feu à l’Alpe d’Huez : cette comédie 80’s généreuse, précise et follement humaine doit beaucoup à l'interprétation d'Audrey Lamy et de François Damiens. Rencontre avec deux acteurs surexcités.

Si vous vous demandez à quoi ressemblent vraiment les interviews réalisées au Festival de l’Alpe d’Huez, voilà : c'est un mélange de déconne, de bonne humeur et d'imprévus qu'il faut à chaque fois rendre à peu près lisible. Rien n’a vraiment de sens, tout déraille en permanence, mais c’est exactement ça - l’esprit du festival. 
Au milieu d'une semaine où l'on a couru partout, où les acteurs déboulaient au milieu des questions, où ça rigolait plus que ça ne travaillait on a croisé Audrey Lamy et François Damiens. Police Flash 80, le film qu'ils présentaient, est l'un de nos coups de coeur de cette semaine. On avait envie d'en parler avec eux, mais ça ne s'est donc pas passé comme prévu. Voici, quasi brut, un morceau de notre quotidien. C'est joyeux, incontrôlé, et si vous voulez vraiment savoir ce que vaut le film, lisez plutôt la critique.

Et bien c'est parti, ça enregistre. Et pour commencer...

Audrey Lamy : ... Attends, tu enregistres avec ce truc (elle montre l’enregistreur numérique plat comme une carte bancaire) ? Pas sur ton téléphone ?

Si si, c’est relié, et ça retranscrit après. Pas de panique !

A.L. : Génial ! L’année prochaine, y aura même plus besoin de journaliste… Mais attends, c’est pour Première ? Vous avez fait une super critique du film ! Merci !!

François Damiens au téléphone : Allô ? Oui, t’as vu le film ? Je pense que ça va marcher oui !

A.L. : François, c’est pas sérieux !

F.D. : Mais non, ils sont surs d'eux. Bon je dois te laisser. Allez bisous. (à nous) : c’était ma maman. Elle a adoré le film. Pour une fois !

Sur scène, avant le film François, vous vous êtes tourné vers Audrey, vous l’avez prise dans vos bras et vous lui avez dit : « Merci de m’avoir fait confiance ». Ca voulait dire quoi ? 

F.D. : On a adoré tourner ensemble. C’était une ambiance vraiment particulière. Toute la bande était top, et c’était de vrais partenaires de jeu. Ce qui, étrangement, n'est pas si courant. 

A.L. : En sortant du film, je me suis dit que je ne voulais plus tourner qu’avec des gens sympas. Parfois tu t’entends moins bien avec un co-acteur, et ça joue vraiment sur ton envie et sur ton travail.

Enfin...ça ne donne pas pour autant toujours des bons films

A.L. : non, mais c’est plus agréable. 

F.D. : Rencontrer Audrey, avec sa simplicité, sa bienveillance… c'était... elle est un peu comme Alexandra, elles ont ce…

A.L. : attends tu me compares à ma soeur ? 

F.D. : Ah non, pas du tout. Justement… j'allais dire que ta soeur, j’aime beaucoup moins. Elle est plus show off entre guillemets. Très prétentieuse (rires). Et j’y suis moins sensible. J’aime moins. Audrey par contre, elle est plus organique.  

 A.L. : Depuis ce matin tu veux placer ce mot dans toutes tes interviews. Non mais sérieusement, la joie de travailler ensemble, y a que ça de vrai. La joie de te voir tous les matins au maquillage. Je me disais : « Bon, j’ai laissé mes enfants cette semaine, mais ça vaut le coup » - qu’est-ce qu’on s’est marrés dès le maquillage ! Quand je le voyais arriver avec sa perruque, ses lunettes, son costume…

François : Euh… la perruque ? T’es sure ? (Damiens n'a pas de cheveux dans le film NDLR). OK, je m’étais fait grossir exprès pour le film. J’ai pris 10-11 kilos pour le rôle. A la demande du réalisateur, je précise. Le Al Pacino de la Butte. Mais pas de perruque ! Non, mais là où Audrey m’a bluffé c’est qu’à la fin du tournage, elle a offert un cadeau à tout le monde. Tiens, je me souviens de quand t'as offert sa cruche de pastis à une assistante. Je lui ai demandé : « Mais t’as trouvé ça où ? » et très naturellement, elle m’a dit : « À Aix-en-Provence ce week-end. Je sais qu’elle aime le pastis, alors j'ai pas pu résister. » T’imagine, pendant son  week-end, elle pense à l’équipe technique. Voilà. Ca, ça ne trompe pas. J’adore les gens normaux et Audrey, elle est normale. 
 

François Damiens et Audrey Lamy
ABACA

A.L. : L’équipe était chouette. On avait envie d’être généreux !

F.D. : Ce qui a vraiment été différent, c’est que dans le jeu, on était tout le temps là l’un pour l’autre. On voulait que l’autre soit le meilleur possible. Ça m’est déjà arrivé de dire à un acteur ou une actrice : « Ça serait sympa si tu faisais comme ça. » Et l’autre te répond : « T’es gentil, mais je sais ce que je fais. » . Bon… Avec Audrey, jamais. On se disait : « Peut-être rajoute ça ? Enlève ça ? » Tu te sens vraiment en confiance.Et tout ça chapeauté par Jean-Baptiste, qui en a sous la pédale. Tu sens qu’il fabrique, qu’il connaît son métier. Parfois, sur une comédie, tu t’ennuies. C’est comme cuisiner sans avoir faim. Là, jamais.

Il y a un vrai niveau de références dans le film. C’était quoi vos modèles des années 80 ?

F.D. : Question suivante ? Aucune envie de répondre à ça. (Rires) Je plaisante, mais je ne sais pas vraiment quoi dire. 

A.L. : Moi, j’étais très fan du Splendid. Le côté troupe : ces personnages parfois idiots, absurdes, grotesques mais tellement humains que tu les aimes quand même. Ce sont des gens qu’on peut croiser dans la rue. Et sur Police Flash 80, on a vraiment essayé de retrouver ça : être dans la caricature, mais jamais dans l’excès. Il fallait que les personnages soient toujours crédibles. 

C'est vrai ça : François, on devrait détester votre personnage qui est raciste, con et misogyne. Mais on l’aime malgré tout.

F.D. : Parce qu’il se rend compte de trucs affreux : que son meilleur pote s’est tapé sa femme, qu’il a été trompé… Quand tu as de l’empathie pour lui, tu peux lui faire faire les pires choses, il se rachète par....

(Vincent Macaigne apparaît)

A.L.: ça va Vincent ? Je viendrai plus tard. Là je suis en interview pour Première. C’est important et en plus ils ont aimé le film….

Vincent Macaigne : Ça va ?

A.L. : Oui, oui... J'arrive je te dis. 

V.M. : Des gros poutous ! Partout !

Une dernière question…

A.L. : Ah attends, Vincent a envie de rester avec nous… 

Est-ce que vous avez vu Flash 80 ?

V.M. : Mais moi j’étais dedans, vous m’avez pas vu ? 

F.D. : Ah ben je te jure, c’est une belle pirouette pour dire que t’as pas vu le film hier ! Hein ? Sympa pour les copains. Une belle ordure je vous le dis ! ah dégage, va te baigner à la mer 

V.M. : on est à la neige François

F.D. : rien à foutre ! Va manger ta raclette. 

Une dernière question. C'est sur les références François, ça va vous plaire. Est-ce que le réalisateur vous avait donné des références précises des années 80 ? Des films ou des ambiances pour nourrir vos personnages ?  

Audrey : Je crois pas.

François : Non plus. À part certains films de flics du dimanche soir que tu regardais en famille. Mais j'ai oublié les titres.