A Knight of the Seven Kingdoms
HBO Max

Game of Thrones tente le pas de côté en osant la comédie médiévale à hauteur d'homme. Le résultat est surtout assommant.

Une scène scato ouvre la nouvelle épopée dans les 7 Royaumes. Quelques secondes à peine après avoir enterré solennellement son maître sous un arbre, Duncan se met à déféquer derrière le dit-arbre. Des jets de caca giclent de son derrière, coupant brutalement la grande musique de Game of Thrones qui venait de se lancer. Non, A Knight of the Seven Kingdoms ne sera pas une série GOT comme les autres. Elle ne sera pas grandiloquente. Elle ne sera pas flamboyante. Elle ne sera pas héroïque. Elle ne sera pas grand-chose, en fait…

Après avoir assouvi ce besoin naturel face caméra, Dunk prend la route pour Ashford Meadow afin de participer à un grand tournoi de chevaliers. Sur sa route, il fait la connaissance d’un garçon d’écurie qui se présente sous le nom d’Egg… un surnom approprié puisqu’il est chauve. Désireux de partir à l'aventure, Egg devient son écuyer et accompagne Duncan dans sa quête de gloire.

A Knight of the Seven Kingdoms
HBO Max

Cette petite histoire dans la grande se déroule un siècle avant les événements de la série originale (juste après La  Danse des Dragons). Si les Targaryen règnent toujours sur Westeros, la dynastie originaire de l'antique Valyria traverse une période de pénurie de dragons, qui ne prendra fin qu’avec l’arrivée de Daenerys. Tout cela dépasse largement le niveau de compréhension — ou d’intérêt — de Dunk, jeune homme massif et un peu benêt, sauvé de la rue et élevé par Ser Arlan de Pennytree (Danny Webb). Toujours ivre mais fondamentalement bon, Arlan a adoubé Dunk avant de mourir. Devenu Ser Duncan le Grand, il se lance ainsi dans une vie de chevalier errant — autrement dit fauché et méprisé, bien loin du héros au service d'une noble cause.

Point de dragons ici. Ira Parker, showrunner, et George R.R. Martin, directement impliqué dans la production et l'écriture, tentent d’étendre l’univers de Westeros en osant faire un pas de côté, à partir du recueil de nouvelles Les Aventures de Dunk et l’Œuf (publié en 1998). Un spin-off moins spectaculaire mais plus humain, qui fonctionne essentiellement grâce à la jolie complicité qu’affichent le gigantesque Peter Claffey et son impressionnant jeune acolyte Dexter Sol Ansell.

A Knight of the Seven Kingdoms
HBO max

Une variante humoristique aussi, qui tente de faire des gags (scato donc) et de jouer sur la nigauderie de son héros pataud. L'humour étant la chose du monde la moins partagée, on trouvera ça drôle… ou pas. Qu’importe, si le reste de l'intrigue avait de quoi nous tenir éveillés. Sauf que A Knight of the Seven Kingdoms ne semble n’avoir jamais rien à raconter. Six petits épisodes de 30 minutes, c'est peu... mais la sitcom tourne court alors qu’on attend encore et toujours que le tournoi commence, que Duncan se mette en action, que la série s’épaississe enfin d’enjeux.

On a bien compris que l’idée était de proposer une micro épopée charmante, intime et destinée à ouvrir les perspectives du public — toujours assoiffé de dragons — sur Westeros. Mais tout est trop petit. Trop mou. Comme un bouche-trou sans trop d'ambition. Bien sûr, c'est toujours magnifiquement produit et quelques - rares - séquences sont résolument excitantes (les scènes de joute sont très cool). Mais l'ensemble de cette courte première saison a finalement des airs de prologue dont la véritable vocation serait de faire patienter les fans entre deux chapitres de House of the Dragon. Heureusement, on n'aura pas à attendre longtemps : la saison 3 de la nettement plus passionnante préquelle sortira cet été sur HBO Max.

A Knight of the Seven Kingdoms, saison 1 en 6 épisodes, à voir à partir du 19 janvier en France sur HBO Max, à raison d’un épisode par semaine.