rasta rockett
Disney

En 2026, aux Jeux de Milan-Cortina, une équipe jamaïcaine de bobsleigh va prendre la piste. 40 ans après la véritable histoire du quator devenu légendaire, grâce au film de Disney. On vous raconte.

C'était il y a presque 40 ans... La Jamaïque participait pour la première fois aux Jeux Olympiques d’hiver.

Nous sommes en 1988 à Calgary, au Canada. Dudley StokesDevon HarrisMichael White et Chris Stokes s'élancent dans un bobsleigh sous les yeux ébahis du monde entier... L’aventure jamaïcaine qui a inspiré Rasta Rockett (1993) est vraie, mais peut-être plus étonnante encore que celle qu’on voit à l’écran.

On remonte le temps. En 1987, George Fitch, un homme d’affaires américain, se met en tête un pari fou : prouver que des sprinteurs jamaïcains peuvent rivaliser sur glace. Son raisonnement est simple : vitesse explosive + mental d’athlètes = potentiel bobsleigh !

rasta rockett
Disney

Au départ, il voulait recruter des soldats disciplinés, mais l’armée a refusé : il a donc organisé des sélections ouvertes, attirant une quarantaine de volontaires avant de constituer l’équipe autour de Dudley, Devon, Michael et Chris. Ces athlètes, habitués aux pistes tropicales, passent en quelques mois à un entraînement glacé, dangereux et intense, apprenant à piloter des bobs avec peu d’expérience mais une détermination hors norme.

Mais les délais sont courts. A peine 5 mois pour se préparer. Et la Jamaïque arrive au Canada avec un épine dans le pied : elle a été disqualifiée par le Comité international olympique pour inscription tardive ! Dur à encaisser pour tous ces jeunes athlètes qui ont bossé dur. La pression monte auprès du CIO et le prince Albert de Monaco, qui participait lui-même à l’épreuve, a finalement fait revenir le comité sur sa décision. Le petit pays des Caraïbes aura bien le droit se lancer sur la piste gelée.



Au coeur de ces Jeux olympiques d’hiver de Calgary, l’équipe jaune et verte devient immédiatement une sensation. Tout le monde les adore avant même la première descente. Mais sportivement, ce sera une toute autre mayonnaise. Le pays aligne deux équipages, dans deux disciplines. Dudley Stokes et Michael White s'essayent au bob à deux, et terminent 30e sur 41, avec un temps de 58,04 secondes, un retard énorme par rapport aux leaders.

Quant au bob à quatre, l’histoire que raconte Rasta Rockett, c'est la bérézina. Lors de la troisième et avant-dernière manche, le bob chute dans un virage. Pas à cause d'une défaillance mécanique, comme le dit le film, mais en raison d'un mélange d’inexpérience du pilote, de vitesse excessive et d’une trajectoire trop haute qui déséquilibra le traîneau, le faisant basculer sur le côté gauche. L’équipe terminera la compétition 26e sur 26, cumulant un peu plus de 3 minutes après trois descentes. Mais avant même leur crash, les Jamaïcains étaient très en retard au chrono, avec des temps de 58,04 s (24e de la 1ere manche) et de 59,37 s (25e de la 2e manche). Autant dire que l'équipage caribéen n'a jamais été en mesure d'accrocher une quelconque médaille, comme le suggère le film.



Certaines images authentiques du crash ont été utilisées dans le film, mais elles ont été fortement éditées. Le reste - rivalités exagérées, moqueries des voisins et le fameux porté du bob à l’épaule pour passer la ligne - est pure invention.

Les scénaristes ont suivi les grandes lignes de leur histoire. Mais Pat Brown, l’entraîneur de la Jamaïque (le vrai), a confirmé après la sortie de Rasta Rockett que son équipe n’avait pas été victime des moqueries des autres athlètes, comme on peut le voir à l'écran. Et qu’il n’y avait pas non plus eu d’histoire de tricherie. Fitch estimait même que "à peine 1 % du film est vrai".

Pourtant, la légende reste intacte : quatre athlètes venus d’une île sans neige défient la gravité, les clichés et les pronostics. Ils ne décrochent pas de médaille, mais leur courage, leur panache et leur audace font d’eux des icônes sportives et pop, sans aucun doute. Le film réalisé par John Turteltaub (qui a depuis signé les Benjamin Gates) a connu un grand succès, rapportant 155 millions de dollars sur la planète et totalisant 2,5 millions d'entrées en France. Et il faut noter que ces quatre Jamaïcains ont ouvert une voie : 40 ans plus tard, la Jamaïque est encore présente dans les épreuves de bobsleigh, aux Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina...


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