Nom de naissance Bemba
Genre Homme
Avis

Biographie

Sylvain Bemba naît le 17 février 1934 à Sibiti, au Congo. Il va se distinguer par de nombreuses activités dans le domaine culturel.Sylvain Bemba grandit à l’époque coloniale. Il va traverser l’époque des indépendances et des espoirs qu’elles ont suscités en Afrique. Cet homme, qui sera longtemps conseiller gouvernemental, commence sa carrière comme journaliste en 1952. Il fait des études de journalisme à Strasbourg avant de retourner au pays, pour être engagé comme chroniqueur à la Semaine Africaine, où il commente les activités sportives, littéraires et politiques du pays.Il est le lauréat du Prix de la nouvelle littéraire en 1963 pour la Chambre Noire. A partir de 1969, il consacre une grande partie de son temps à œuvrer dans le quatrième art. Il va d’ailleurs initier son parcours théâtral par L’enfer c’est Orféo (1970), publié sous le pseudonyme de Martial Malinda. Il met en scène le parcours d’un Orféo qui se libère et renonce aux carcans matérialistes pour se consacrer au combat pour l’indépendance.Les thématiques qui accompagnent les transformations sociales autour de l’indépendance vont peu à peu former la trame de son œuvre. Ainsi, il est question des rapports entre la modernité et l’affranchissement de certaines contraintes inhérentes à la tradition, comme dans la pièce Une eau dormante (1975). Dans Tarentelle noire et diable blanc (1976), Sylvain Bemba s’intéresse à l’exploitation des ressources de son pays par les colons.Mais Sylvain Bemba va aussi publier des romans et des essais. La désillusion des indépendances lui inspire Rêves portatifs. Dans Le soleil est parti à Mpemba (1982), il dénonce les luttes fratricides dans les hautes instances du pouvoir. Il publie dans la même veine Le dernier des Cargonautes, en 1984, puis Léopolis en 1985, roman évocateur de la chute d’un homme qui nous rappelle Patrice Lumumba.Sylvain Bemba va nourrir sa vie durant un grand intérêt pour la musique. Musicologue, il joue également de la cithare et de l’accordéon. Il consacre d’ailleurs à cette passion un livre, Cinquante ans de musique du Congo-Zaïre (1920-1970) de Paul Kamba à Tbau Ley, qui paraît en 1984. La thèse de son ouvrage est que la musique du Congo-Zaïre a conquis le continent africain et a influencé d’autres types de musique, en Europe ou en Amérique du Nord. Sylvain Bemba met aussi le savoir qu’il a cumulé au profit du Congo-Zaïre. Il cumule, à partir de 1972, des postes à responsabilité au sein des administrations culturelles. Il est nommé au poste de directeur des services d’information, puis en 1973, il est accueilli au Conseil d’Etat de Marien Ngouabi au poste de conseiller du Ministre de l’Information, de la Culture et des Arts.Jusqu’à son décès, le 8 juillet 1995 à l’hôpital du Val-de-Grâce, Sylvain Bemba va participer activement à la vie culturelle de son pays.Sylvain Bemba reste une référence pour ses compatriotes en termes d’ouverture culturelle et d’attachement à son histoire. A l’instar d’un grand nombre d’hommes de cultures africains de l’époque, il a fait le choix de participer à la reconstruction de son pays, éprouvé par l’épisode colonial, en se réappropriant ses légendes, ses traditions et ses musiques.