A bout de souffle, un demi-siècle de clins d'oeil
Une femme est une femme (Jean-Luc Godard, 1961)
Un an après le succès d'<em>A bout de souffle</em>, <em>Godard</em> lui-même cite son film. Et avec la manière ! Car c'est <em>jean-paul belmondo</em> en personne qui se charge de prononcer cette savoureuse ligne de dialogue : « À la télé, chez Marcel, ils passent A bout de souffle. Je voudrais pas le louper. »Voir aussi : notre dossier sur La Nouvelle Vague
Lola (Jacques Demy, 1961)
1961 toujours. <em>Jacques Demy</em> fait dire à son personnage Roland qu'un de ses amis « Poiccard » a mal tourné et s'est fait descendre. Michel Poiccard est le nom de l'escroc qu'interprète <em>Jean-Paul Belmondo</em> dans <em>A bout de souffle</em>. Voir aussi : notre dossier sur La Nouvelle Vague
Belle de jour (Luis Buñuel, 1967)
A l'image de Patricia (<em>Jean Seberg</em>) dans le film de <em>Godard</em>, on vend le New York Herald Tribune à la criée dans <em>Belle de jour</em>. Plus explicite encore, la scène où Marcel se fait tirer dessus est une reconstitution quasi-identique de la chute finale de Poiccard dans <em>A bout de souffle</em>. Un bel hommage d'un grand cinéaste à son cadet de trente ans.Voir aussi : notre dossier sur La Nouvelle Vague
La Folle journée de Ferris Bueller (John Hughes, 1986)
<em>A bout de souffle</em> se retrouve jusque dans la comédie pour ados de <em>John Hugues</em>, où le proviseur du lycée déclare : « Entre le chagrin et le néant, je choisis le chagrin. » Soit l'une des plus belles citations de <em>William Faulkner</em> utilisée dans le film de <em>Godard</em>. Voir aussi : notre dossier sur La Nouvelle Vague
Brendan et Trudy (Kieron J. Walsh, 2000)
<em>Brendan et Trudy</em> rend hommage à l'une des plus fameuses scènes d'<em>A bout de souffle</em>. Brendan, habillé comme <em>Belmondo</em>, et Trudy, avec un tee-shirt New York Herald Tribune, descendent une avenue en parlant français. Seule différence avec le film de <em>Godard</em>: nous ne sommes plus sur les Champs Elysées mais à Dublin. Sinon, c'est du copié-collé 100% intentionnel. Voir aussi : notre dossier sur La Nouvelle Vague
Vanilla Sky (Cameron Crowe, 2001)
Dans <em>Vanilla Sky</em>, une belle et grande affiche d'<em>A bout de souffle</em> est placardée sur le mur de la chambre de <em>Tom Cruise</em>. Face à un autre affiche : celle de <em>Jules et Jim</em> de Truffaut. La Nouvelle Vague is so chic.Voir aussi : notre dossier sur La Nouvelle Vague
Innocents The Dreamers (Bernardo Bertolucci, 2003)
« Tu sais quels ont été mes premiers mots ? 'New York Herald Tribune! New York Herald Tribune ! ' », déclare Isabelle (<em>Eva Green</em>). Une référence au personnage de <em>Jean Seberg</em>, Patricia, qui gagne sa vie en vendant ce même journal sur les Champs-Elysées. Le nom de <em>Godard</em> est cité de nombreuses fois dans le film de <em>Bertolucci</em> dans lequel on peut aussi repérer ça et là des photos ou extraits d'<em>A bout de souffle</em>. Voir aussi : notre dossier sur La Nouvelle Vague
Les Berkman se séparent (Noah Baumbach, 2006)
C'est assez joliment que l'intello <em>Noah Baumbach</em> fait référence au film culte de <em>Godard</em>. Lorsque Bernard (<em>Jeff Daniels</em>) chute dans la rue il mime, allongé sur le sol, la dernière scène entre <em>Belmondo </em>et <em>Seberg</em>. Il passe son ongle sur ses lèvres et lance à sa femme : « Tu ne te souviens pas de la dernière phrase d'<em>A bout de souffle</em> de Godard, quand Belmondo traite Seberg de putain (...) ? »Voir aussi : notre dossier sur La Nouvelle Vague
En cloque, mode d'emploi (Judd Apatow, 2007)
Même le roi de la comédie américaine, <em>Judd Apatow</em>, glisse une référence à <em>Godard</em> dans un de ses films. Alors que les amis de Ben (<em>Seth Rogen</em>) partent faire une partie de paintball, ce dernier assure à Allison (<em>Katherine Heigl</em>) qu'il ne veut pas se joindre à eux : « Je veux aller voir <em>A bout de souffle</em> au LACMA. ». Drôle et cultivé ce Judd. Voir aussi : notre dossier sur La Nouvelle Vague
Be Bad ! (Miguel Arteta, 2010)
<em>Be Bad!</em> sortira en France au mois de septembre. Dans ce film d'ados, Sheeni confie à son copain Nick (<em>Michael Cera</em>) : « <em>A bout de souffle</em> est l'un de mes films préférés. » Une phrase qui pourrait inciter la jeune génération à (re)découvrir le chef d'oeuvre de <em>Godard</em>. Voir aussi : notre dossier sur La Nouvelle Vague
Bonus : Dawson (Episode 16, saison 5)
Même le monde des séries s'y est mis. Dans une de ses innombrables réflexions pseudo-intellectuelles, Dawson s'émerveille devant <em>A bout de souffle</em>. « <em>Godard</em> n'est pas prétentieux. Il est très drôle. Comment tu peux ne pas aimer un film dans lequel le faux nom du mec sur son passeport est Laszlo Kovacs ? » demande-t-il à Joey (<em>Katie Holmes</em>). On trouve également des références au film de Godard dans The L Word et Doctor Who. Voir aussi : notre dossier sur La Nouvelle VagueCharlotte Vaccaro
A bout de souffle ressort en salles pour fêter ses cinquante ans. Le film de Jean-Luc Godard continue d'être une référence dans le 7ème Art et reste, depuis un demi-siècle, l'un des films cultes les plus cités au cinéma. Une ligne de dialogue, un poster, une scène revisitée sont autant de moyens adoptés par les réalisateurs pour lui rendre hommage. Si le procédé est courant - Godard lui-même en jouait souvent dans ses films - il est particulièrement usité outre-Atlantique, où citer A bout de Souffle est presque devenu un passage obligé pour les cinéphiles. De Demy à Judd Apatow en passant par Cameron Crowe, les fans de Godard ne sont pas toujours ceux que l'on croit.







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