La semaine dernière, entre deux plateaux tv, K.Maro nous recevait dans les bureaux de Warner Music, sa maison de disque française, pour parler de son album "Perfect Stranger". Quelques minutes avant l'interview, le rappeur croisait sa protégée Shy'm, qui assurait elle aussi la promo de son disque sur lequel K.Maro a une nouvelle fois investi. D'argent justement, il en sera question, K.Maro est l'un des seuls rappeurs à aborder la question sans pincettes. Il en fait peut-être trop, ce qui lui vaut le dégain du milieu hip-hop français, mais le québéquois assume et se justifie. En revanche, si sa relation avec Karine semble terminée, il refuse d'aborder le thème de l'amour. Découvrez en vidéo et en texte (pour les flemmards...) son interview vérité. Public.fr : Pourquoi cet album en anglais ?K.Maro : C’est un projet que j’avais depuis longtemps. En vivant au Canada, j’ai une proximité avec la culture hip-hop américaine et j’avais envie d’essayer, de changer d’approche.Public.fr : Tu es une star en France, tu veux conquérir les États-Unis maintenant ?K.Maro : Tous les artistes français qui vont se lancer aux USA vont vous dire que c’est pour devenir une star là-bas. Pas moi. Par mon expérience, je prends du recul, jamais un artiste francophone a réussi à percer le marché américain. Je ne vise pas un succès commercial, juste de quoi rentabiliser l’argent que j’ai investi.Public.fr : N’as-tu pas peur de perdre tes fans français ?K.Maro : Bien sûr. En vérité, j’aurais même pu ne pas sortir cet album en France, ni venir faire de promo. Avec ce disque, je n’attends rien du marché français. Je me bats juste pour le présenter à mes fans. Le public français est très réfractaire au changement. J’espère juste que l’on comprendra mon délire artistique.Public.fr : Le rap français semble ne pas t’aimer, comment réagis-tu face à ces critiques ?K.Maro : C’est une guerre de longue haleine bourrée de mauvaises interprétations. Je suis arrivé en 2003 sans vraiment connaître la culture française. Nous, au Québec, c’est en montrant son argent et comment on a réussi qu’on fait rêver les jeunes. Les médias français se sont servis de moi pour vendre ce côté rêve à l’américaine. J’ai compris la réaction du rap français qui s’est fermé. Beaucoup ne savaient pas que je venais d’Amérique. En revanche, ce que je ne supporte pas, c’est la jalousie de certains. Ça m’offusque et je ferai tout pour continuer à les rendre jaloux !Public.fr : Tu mettais aussi beaucoup en avant ta fortune…K.Maro : Oui, mais je me suis calmé. Je me rendais même pas compte que j’en faisais peut-être trop. C’était devenu trop caricatural. On réalise au bout d’un moment qu’au lieu d’avoir douze voitures, une suffit. Qu’elle soit très belle certes. Mais gagner de l’argent fait partie des codes du hip-hop. Alors les rappeurs qui se la jouent ghetto et qui brassent beaucoup de thunes, autant qu’ils aillent bosser à l’usine pour faire bien dans la cité.Public.fr : Tu es aussi heureux en amour qu’en affaires ?K.Maro : J’ai pris beaucoup de recul sur les fêtes et les nanas. Si aujourd’hui j’ai quelqu’un dans ma vie, cette personne doit pouvoir suivre la route avec moi. Mais je ne mettrai jamais la vie de mes proches dans des magazines.Public.fr : À ton âge, l’envie d’avoir des enfants doit te démanger…K.Maro : Oui, j’approche la trentaine, j’ai envie de fonder une famille. C’est tellement important pour moi que je veux pouvoir le gérer et donc déléguer énormément mes business.Propos recueillis par Sébastien Olland.


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