Dévasté par la tempête de 1999, puis submergé en partie par la dépression Xynthia en 2010, le Marais poitevin retrouve peu à peu son aspect originel. Une victoire consacrée par le label "Grand Site de France". Histoire d’une renaissance racontée par le magazine Des Racines & des Ailes ce soir à 20h35 sur France 3.
Des barques à fond plat s’alignent à l’embarcadère de l’Abbaye, au Vieux Port de Maillezais en Vendée. Prêtes à embarquer les visiteurs dans le dédale des canaux qui sillonnent la Venise verte du Poitou, de Niort à l’Océan. La promesse d’une balade silencieuse au fil de l’eau, sous les frênes et les peupliers qui bordent les berges de cette enclave de verdure où le temps s’est arrêté. Pourtant, dévastés par la tempête de décembre 1999 puis inondés par le passage de Xynthia en février 2010, ces paysages paisibles du Marais reviennent de loin.Chênes brisés, peupliers arrachés avec leur terre accrochée aux racines… Des milliers d’arbres se sont couchés dans les canaux qu’ils ont durablement encombrés. "Douze ans après, nous terminons à peine de réparer les dégâts de 1999 !", constate Yann Hélary, le Président du Parc interrégional du Marais poitevin. Les acteurs locaux n’ont pas ménagé leur peine. Il a fallu débroussailler, curer les canaux, scier le bois utilisable et reconstruire les digues. Les premiers nettoyages ont duré cinq ans.Les alignements de frênes, indispensables car ils résistent à l’humidité et que leurs racines maintiennent les berges, ont été reconstitués. Près de 70 000 arbres replantés ! Un travail auquel Dominique Giret, le directeur environnement du Parc, s’est attelé avec l’aide des associations pour la réinsertion des adultes qui travaillent sur le site. Ils ont redessiné le paysage en défrichant des parcelles boisées pour les transformer en pâturages.Des espaces dédiés aux vaches maraîchines, une race très ancrée dans ce territoire qui, sans l’intervention de passionnés, aurait pu disparaître. Avec sa robe fauve, ses yeux en amande cernés d’un trait noir et ses grandes cornes fines en forme de lyre, la maraîchine donne un lait prisé pour son taux de matière grasse. Si riche qu’il a contribué à la réputation du fameux beurre Charentes Poitou. Sa productivité, jugée trop faible par l’industrie laitière, a failli l’éliminer des herbages. Il restait une cinquantaine de femelles dans les années 80 ! Un inconvénient qui n’a pas rebuté Annie Chaissac. Elle témoigne de sa passion de fermière du Marais dans le reportage de ce soir. "Fière de travailler au maintien de la biodiversité et à la résurgence de cette race locale", la fille du célèbre peintre Gaston Chaissac s’était promis de sauver ces ruminants aux larges sabots. Et elle a réussi en créant le premier troupeau de Maraîchines, ce qui lui a valu la reconnaissance des agriculteurs locaux. Bilan, cette race condamnée à disparaître compte aujourd’hui une centaine de troupeaux.Pour le plus grand plaisir des 800 000 touristes qui, chaque année, parcourent cet oasis de verdure en barque à fond plat. Le classement du Marais poitevin comme Grand Site de France, comme le sont la Montagne Sainte-Victoire, le Pont du Gard et la Pointe du Raz, sera un atout supplémentaire pour les inciter à visiter ce site exceptionnel.Nadine Bucharles du magazine Télé 7 jours


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