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Prononcez le nom de Damian Lewis devant un auditoire féminin et l’effet est immédiat. Bim. Sa classe, son sex appeal évident… Et l’effet Homeland (il joue Nicholas Brody dans la série) sans aucun doute. Mais bon, beau joueur, on doit bien reconnaître que Lewis dégage un truc de séduction massive, un charme fou porté par ce sourire narquois et ce regard au carrefour de la tragédie profane et de l’ironie mortifère… Good guy ? Bad Guy ? Depuis Keane (masse avachie vêtue il était l’ancre flottante d’un film f(l)ou), ambiguïté est son fond de commerceA ce point. Tout ça pour dire que l’idée ne paraît pas si folle : dans le dernier numéro d’Esquire, l’acteur admet qu’il adorerait jouer James Bond une fois que Daniel Craig aura pris sa retraite. Ca vous paraît prématuré ? Voire même arrogant ? A la limite du shakespearien (tendance Roi Lear) ? Normal. 1/ Damian Lewis sort précisément de la Royal Shakespeare Company et 2/ il ne pousse pas Craig à la retraite mais manifeste enfin sa volonté de jouer dans la cour des grands.« Ce serait génial explique le rouquin. Daniel fait un boulot incroyable, et il va continuer encore un peu. Mais, si jamais ça se produisait, je n’hésiterais pas une seconde ».  Derrière ce souhait, donc, se cache la volonté, pour cet acteur venu du cinéma arty radical (l’époustouflant Keane donc et Chromophobia), de surfer sur la popularité que lui a apportée la série Homeland. Impressionnant dans la peau du soldat dont on se demande s’il trahit son pays ou s’il joue franc jeu (on n’est pas si loin que ça de la dialectique bondienne en somme), Lewis doit passer à la vitesse supérieure. D’ailleurs, dans l’interview, il voit grand et affirme aussi qu’il enfilerait bien un autre costume – plus coloré – celui d’un superhéros.  Mais bon, la seule question qui nous intéresse ici, c’est de savoir si Lewis peut vraiment porter le smoking du commander ? Et pour en faire quoi ? On n’en est pas là, mais son ambiguité fondatrice, sa carrure, son registre de jeu (capable d’être physiquement dévasté et en même temps d’une droiture militaire), sa gueule qui croise l’ange et le démon… tout cela en font un choix que les Broccoli pourraient regarder avec attention… Sa rouquinerie pourrait jouer en sa défaveur, mais on n’oubliera pas que la blondeur de Craig avait au début rallié tous les suffrages contre lui – avant qu’un pré-générique d’anthologie, dans des chiottes, fasse taire tous les médisants.Ceci dit, on se calme : Craig n’a pas encore raccroché. L’acteur a en effet signé pour 2 nouvelles aventures de Bond. Lewis va devoir patienter – ou tuer le père.