Toutes les critiques de Victor comme tout le monde

Les critiques de Première

  1. Première
    par Thomas Baurez

    Ecrit par la regrettée Sophie Fillières et mis en scène par Pascal Bonitzer ce Victor comme tout le monde est une promenade estivale et parisienne, légère en apparence portant en elle une puissance poétique souterraine. Et de fait le Victor du titre, c’est Hugo, LE poète majuscule français. Le protagoniste en velib’ c’est Fabrice Luchini dissimulé en Robert Zucchini, comédien de théâtre qui chaque soir monte sur scène pour déclamer et décortiquer la prose de l’auteur des Châtiments. Sur et en dehors de scène l’acteur donne (beaucoup) et reçoit. La jeune génération s’interroge sur le sens du jeu et des « je » mais aussi des « ils » et des « elles ». Zucchini en modèle fragile, cherche les mots justes. L’un des grands drame d’Hugo, on le sait, est la mort accidentelle par noyade de sa fille Leopoldine dont Zucchini narre avec une gravité emphatique la façon dont le poète a appris la chose. Il se trouve que Robert a lui-aussi une fille du même âge que la défunte et qu’auprès d’elle les mots justement ne surgissent pas aussi bien que sur les planches. Vertige des sens. A chaque fois que l’on croit avoir épuisé le fond Luchini, il est des regards qui sans le réinventer tout à fait, réenchante son omniprésence.