-
Révélé à Cannes en 2022 comme héros de la Palme d’Or Sans filtre, Harris Dickinson y a fait son retour en 2025 mais avec une double casquette d’acteur- réalisateur. Pour cette première derrière la caméra, il a choisi de raconter un sans- abri (l’intense Frank Dillane, primé dans la section Un Certain Regard) qui, sortant de prison, tente de reprendre sa vie en main et de tuer les démons qui, en lui, le poussent toujours vers le pire. Et Dickinson s’y emploie avec un talent certain à ne jamais aller là où l’on attend. En termes d’écriture en épousant le caractère imprévisible car auto- destructeur de son personnage et ne cherchant jamais à susciter de l’empathie envers lui. Et par sa réalisation où un naturalisme à la Loach est percuté par des effets stylisés qui évoquent le Boyle de Trainspotting ou le Glazer d’Under the skin. A mille lieux d’une œuvre doloriste, Urchin bouscule, déconcerte. Il y a de l’audace et du panache à revendre chez Dickinson.
Urchin

