Première
Présenté dans la sélection Un certain regard lors du dernier Festival de Cannes, le deuxième long métrage de Neeraj Ghawan démontre un incroyable talent à émouvoir les spectateurs tout en abordant la réalité sociale de son pays, avec des personnages singuliers parfaitement campés. A se sentir à ce point transporté du début à la fin par le destin de ces deux amis d’enfance qui croient voir dans le concours de police d’Etat le moyen d’échapper au carcan des castes, on comprend pourquoi Martin Scorsese en personne a voulu produire le film. Impossible de rester indifférent face à ces deux êtres invisibilisés par la société qui cherchent juste un peu de dignité mais aussi à aider leurs familles à s’élever elles-aussi. Issu lui-même de l’une des castes les plus basses de son pays, Ghawan parvient à offrir un récit juste et authentique de deux jeunes pétris d’espoir, malgré l’adversité, dont les chemins se croisent et se décroisent mais qui savent pouvoir compter l’un l’autre en cas de coups sans cesse plus durs, alors que pointe une nouvelle catastrophe, mondiale cette fois : la pandémie. Mais le résultat n’aurait sans doute pas été aussi puissant s’il n’était pas porté par deux comédiens saisissants de justesse. On pleure (beaucoup), on rit aussi (un peu) devant ces tranches de vies brillamment racontées.
Anne Lenoir