Première
par Frédéric Foubert
Un film d’horreur où la peur passerait avant tout par le son ? C’est sur cette promesse qu’est vendu l’intéressant Undertone, réalisé par Ian Tuason, et qu’on peut envisager comme une variation horrifique sur des thrillers à la Conversation secrète, de Coppola, et Kimi, de Soderbergh, où les protagonistes résolvaient des mystères en ouvrant grand leurs oreilles. Ici, l’enquêtrice, Evy, est l’animatrice d’un podcast spécialisé dans le paranormal. Quand elle n’est pas en train d’enregistrer une de ses émissions dans la salle à manger de la maison de son enfance, elle s’occupe de sa mère mourante, alitée à l’étage. De mystérieux fichiers audio qu’elle diffuse dans son podcast vont bientôt s’immiscer dans son quotidien, et percuter ses ruminations sur la maternité, la foi et la culpabilité… Si le design sonore d’Undertone est comme promis particulièrement ouvragé, la frousse, ici, provient pourtant surtout des cadrages anxiogènes imaginés par Ian Tuason, qui parviennent à donner l’impression que des forces malfaisantes s’agitent dans chaque recoin de la bicoque. L’atmosphère est donc idéalement lugubre, et permet d’excuser la manière un peu trop tortueuse dont est mené le suspense. Le tout est suffisamment convainquant pour que Jason Blum ait confié à Tuason les clés du prochain Paranormal Activity.