Première
par Frédéric Foubert
C’est le genre de film dont on se demande en le découvrant si on n’aurait pas mieux fait d’en lire le mode d’emploi avant d’entrer dans la salle. A priori, The New West est un documentaire sur une communauté de dompteuses de chevaux sauvages du Dakota du Sud, au cœur des fameuses Badlands chères à Terrence Malick. Une communauté hors norme, dirigée par la très cool matriarche Tabatha Zimiga, et peuplée d’ados rebelles, tous experts en rodéo. Mais l’arrivée de Scoot McNairy, second rôle familier du cinéma US, dans le rôle d’un riche éleveur qui veut racheter le ranch de Tabatha, brouille les pistes : est-ce un docu ou une fiction ? Un peu des deux, en fait. La réalisatrice Kate Beecroft, après avoir rencontré par hasard Tabatha et les membres de son clan, leur a appris à jouer la comédie pour qu’ils réinterprètent devant sa caméra des scènes de leur vie – une vie marquée par le deuil du patriarche, les soirées arrosées au moonshine, des problèmes d’argent, et le sentiment que la roche des Badlands s’effrite inexorablement. Dans la lignée du déjà très beau Cœur battant de Roberto Minervini (qui mêlait lui aussi le vrai, le faux et le rodéo), The New West passionne autant pour ce qu’on voit à l’écran que pour les trésors d’ingéniosité et de sensibilité qu’il a dû falloir déployer en coulisses pour le rendre possible.