- Première
Pour son troisième long, le tunisien Nidhal Chatta signe un huis-clos angoissant mais manquant de subtilité... Chaque étage de cette bâtisse face à la mer abrite la violence. Derrière les portes, les femmes, le visage tuméfié ou le corps abîmé par le désir des hommes, supportent un chaos quotidien. Fatma est battue par son mari tandis que Mona, mère célibataire, se prostitue pour subvenir à ses besoins. Les cloisons trop fines de ce vieil immeuble laissent tout entendre, chacun et chacune partagent le malheur de l’autre. Malek, jeune femme archéologue, vit seule au rez-de-chaussée et la violence ne semble pas l’atteindre. Jusqu’au jour où Mounir, le concierge qui la désire ardemment, s'introduit chez elle et l’agresse… L’histoire se répète. Son monde s’effondre, elle se noie dans un enfer qui mêle tristesse et colère. Elle décide néanmoins de porter plainte. Mais ses cris qui résonnent encore entre les murs de la villa seront bientôt étouffés par le mépris des policiers. Si l’on comprend l’intention du cinéaste de plonger le spectateur dans la psyché de ces êtres écorchés, le tragique du récit s’éteint parfois derrière des dialogues ou des situations mal façonnées… Dommage car Silentium a réussi à capturer avec une grande justesse la réalité trop souvent éludée des agressions…
Lou Valette


