Toutes les critiques de Pour Klára

Les critiques de Première

  1. Première

    Olmo Omerzu n’aime rien tant que décrypter la nature humaine et les relations intrafamiliales, comme il l’avait notamment prouvé avec Family film, le dernier de ses films qu’on avait eu l’occasion de découvrir dans les salles françaises en 2018. Son cinquième long métrage ne fait pas exception mais, comme à chaque fois, il trouve un nouvel angle, une nouvelle porte d’entrée pour s’y employer. Le spectateur est invité à entrer dans l’intimité de David, désireux de faire découvrir à ses deux enfants la côte adriatique témoin des débuts de sa relation avec leur mère, dont il est séparé. Mais aussi de renouer les liens distendus avec Klara, son aînée de dix-sept ans, anorexique. Le film aborde avec beaucoup de tact la maladie, le désarroi de l’entourage, les sentiments ambivalents du petit frère qui se sent parfois – et à juste titre - un peu trop délaissé. D’autant que le metteur en scène parvient tout à la fois à saisir les premiers émois amoureux d’une ado qui reprend peu à peu goût à la vie mais aussi les failles d’une famille qui n’hésitera pas à user du mensonge pour tenter de panser ses maux dans un récit d’une grande finesse. Car en évitant toute facilité et raccourci manichéens, on se régale de l’amoralité ici distillée, liée à la réaction de personnages qui essaient de se sauver ou de sauver leurs proches sans se faire tacticiens, sans penser au coup d’après. Un film servi en outre par un casting sans faute

    Anne Lenoir