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Onze ans après le retentissement mondial du Fils de Saul, huit ans après le rejet quasi-général de Sunset, Laszlo Nemes revient avec son troisième long. La forme a changé, pas le fond : il s’agit à nouveau de faire le portrait d’un personnage balloté par les vents contraires de l’histoire, dans une Europe hantée par ses fantômes. En l’occurrence, Andor, garçon juif élevé par sa mère à Budapest, en 1957, qui vit dans le souvenir d’un père disparu dans les camps de la mort, et se retrouve confronté à un homme brutal (Grégory Gadebois, toujours extraordinaire), prétendant être son vrai père… Avant, Nemes se concentrait sur les visages de ses protagonistes, laissant le chaos du monde grouiller à l’arrière-plan. Il donne ici à voir un univers plus vaste, mauvais rêve sépia d’une puissance plastique indéniable. C’est le récit qui rebute, trop monotone, plombé par ses relents surannés de mélo d’après-guerre. Le film d’un cinéaste en quête d’un deuxième souffle.


