-
Faire joujou avec la grande histoire est censé engager ceux qui font bouger les petits soldats de plomb sur le tapis de leur imagination. James Vanderbilt (auteur du scénario de Basic le dernier McTiernan) ouvre grand les portes de sa chambre. Mais son appréhension du procès de Nuremberg qui voit en 1945 la barbarie du IIIe Reich sur le banc des accusés, est nulle. Porté par les yeux Tex Avery de Rami Malek et la carapace de Russell Crowe, ce numéro de duettiste vire au grand-guignol. Hermann Göring (Crowe), cacique du régime nazi est envisagé avec une mansuétude maladroite censée alimenter un suspense foireux : ce pervers saura-t-il justifier ses actions aux yeux des juges ? Pour déshabiller le monstre, le héros-psychiatre (Malek) voit sa supposée clairvoyance rebondir sur la tunique de l’affreux. Quant au monologue sur l’horreur des camps balancé sur le quai d’une gare tel un pivot narratif censé éclairer l’ensemble, il est déplacé. Moche.
Nuremberg

